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SOUSTELLE Jacques

Homme politique français. Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, il collabora au journal L'Humanité, mais rompit avec les communistes lors du pacte germano-soviétique de 1939. Ayant rejoint Londres en 1940, il devint en 1942 commissaire à l'Information du comité gaulliste, puis en 1943, à Alger, directeur des services secrets et de contre-espionnage. Commissaire de la République à Bordeaux (1944), puis ministre des Colonies dans le cabinet de Gaulle (1945/46), il fut le principal organisateur du RPF et fut élu député du Rhône (1951/58). Considéré comme « libéral », il fut nommé par Mendès France gouverneur général de l'Algérie (janv. 1955), mais ses conceptions jacobines le rendirent vite favorable aux thèses de l'intégration, ce qui lui valut une grande popularité parmi les colons français d'Algérie. Son rappel par Guy Mollet, en févr. 1956, provoqua de violentes manifestations européennes à Alger. Il mena alors une très violente campagne contre toute politique d'« abandon » en Afrique du Nord et en faveur d'un appel au général de Gaulle. Lors de la crise du 13-Mai, il déjoua la surveillance de la police et réussit à gagner Alger ; il poussa militaires et colons à réclamer le retour au pouvoir du général de Gaulle. En juill. 1958, celui-ci le chargea du ministère de l'Information. Ministre délégué pour les départements sahariens dans le cabinet Debré (janv. 1959), Soustelle, opposé à la politique d'« autodétermination », quitta le gouvernement dès févr. 1960, après la semaine des barricades d'Alger, et prit bientôt nettement position contre de Gaulle. Fidèle à l'« Algérie française », il dut se réfugier en Italie de 1961 à l'amnistie de 1968. Réélu député du Rhône en 1973 et 1978.

Soustelle, Jacques (Montpellier 1912-Paris 1990) ; homme politique et intellectuel français.

Né dans une famille protestante des Cévennes, S. intègre l’Ecole normale supérieure. Reçu premier, à l’âge de vingt ans, à l’agrégation de philosophie, il s’oriente vers l’ethnologie du Mexique indien et fonde, aux côtés de Paul Rivet, le nouveau Musée de l’Homme. Proche du marxisme, il participe à divers journaux ou revues de gauche et milite activement dans les rangs du comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Rallié à de Gaulle dès juillet 1940, il reçoit la charge de coordonner les réseaux de renseignement de la France libre. Ministre de l’information en 1945, puis des Colonies, S. exerce ensuite les fonctions de secrétaire général du RPF (Rassemblement du peuple français) fondé par de Gaulle en 1947. Il est élu député du Rhône en 1951 sous cette étiquette et préside le groupe parlementaire. Nommé par Pierre Mendès France comme gouverneur général de l’Algérie, peu de temps après le déclenchement de l’insurrection, il tente de concilier l’action réformiste et la pacification militaire. Rappelé début 1956, il se fait l’un des porte-parole les plus résolus de l’Algérie française. Rallié au général de Gaulle en 1958, il est un temps ministre de l’information, mais il s’oppose de plus en plus vivement à la politique algérienne du chef de l’État. Choisissant l’exil en 1961, il rejoint les rangs de l'O AS et devient un des membres du « Conseil national de la résistance » fondé par Georges Bidault. Amnistié en 1968, réélu député en 1973, il entre à l’Académie française en 1982 et consacre au Mexique l’essentiel de son activité scientifique. Assemblée générale de l’ONU en 1946. Chef de la diplomatie belge en 1944 puis de 1945 à 1957, Premier ministre quinze jours en 1946 puis de 1947 à 1949, vice-Premier ministre de 1961 à 1965, il se consacre essentiellement à l’unification de l’Europe, préside l’Organisation de coopération économique européenne en 1948, puis, à leur création, l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe en 1949 et l’Assemblée de la CECA en 1952. En 1953, il appelle à une union politique, et, après l’échec de la CED en 1954, se consacre à la préparation de la CEE, donnant son nom au comité qui prépare le traité de Rome de 1957. Son européanisme est aussi un atlantisme. Ainsi, en 1948, à l’ONU, il assène aux Soviétiques que la politique occidentale ne peut avoir pour base que « la peur » de ce qu’ils représentent, et que leur politique étrangère est « plus ambitieuse que celle des tsars eux-mêmes » ; et de mai 1957 à janvier 1961, il est secrétaire général de l’OTAN. Il se retire de la vie politique en 1966, après une défaite électorale qui chasse les socialistes du gouvernement, publie ses Mémoires en 1969 sous le titre Combats inachevés, démissionne de son parti en 1971, et meurt un an plus tard.




SOUSTELLE, Jacques (Montpellier, 1912-Paris, 1992). Homme politique et ethnologue français. Résistant gaulliste, plusieurs fois ministre après la guerre, il milita avec vigueur pour l'Algérie française. Spécialisé dans l'étude de la civilisation aztèque, sous-directeur du musée de l'Homme en 1938, il fut l'un des principaux membres du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et rejoignit Londres en 1940. Commissaire de la République à Bordeaux en 1944, ministre de l'information (1945), puis des Colonies (1945-1946), il fut le principal organisateur du parti gaulliste (le RPF ou Rassemblement du peuple français) et gouverneur général de l'Algérie (1955-1956). Partisan du maintien de l'Algérie française, il s'opposa à de Gaulle. Décidé à poursuivre son combat contre l'indépendance de l'Algérie, il dut se réfugier à l'étranger (1961) jusqu'à l'amnistie de 1968. Voir Algérie (Guerre d'), Debré (Michel).

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