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SOI

SOI. Pronom réfléchi de la troisième personne (la connaissance de soi, Chacun pense à soi). ♦ 1° Dans le langage courant, en soi désigne les êtres et les choses envisagés absolument, en dehors de toutes les considérations circonstancielles qui peuvent modifier le jugement : un projet bon en soi. ♦ 2° Philosophie, a) Chez les scolastiques, la différence entre in se (en soi) et in alio (en autre chose) est la différence entre la substance (qui existe in se) et l’accident (qui existe dans un autre). Être par soi traduit a se, et per se. A se signifie tenir son existence de soi-même : c’est l'aséité qui n’appartient qu’à Dieu. Être per se signifie être en vertu de sa propre nature : l’homme est raisonnable per se. Au sujet des idées, le réalisme dira que les idées existent en soi, le conceptualisme qu’elles existent dans l’esprit, b) Chez Kant, la chose en soi est la chose telle qu’elle est absolument et non telle qu’elle nous apparaît : c’est le noumène opposé au phénomène ; c) Chez de nombreux philosophes (ex. Maine de Biran, Hamelin) le pour soi est la conscience. Sartre oppose le pour soi et l'en soi comme deux modes de l’être. Le pour soi, c'est la conscience. Cette présence à soi marque une «fissure» de l’être, un «manchon de néant». La présence n’est pas tout à fait la coïncidence. La réalité humaine est le désir d’être en soi, de devenir «en soi pour soi». Ce serait être Dieu. C’est impossible (L'Etre et le Néant). ♦ 3° «Être soi-même» peut s'entendre d’un refus du conformisme, d'un souci d’authenticité, ou du refus de se contrôler et de se discipliner. ♦ 4° Psychanalyse. Le soi est synonyme du «çà» chez Freud, c'est-à-dire désigne l'ensemble du psychisme primitif dont une part est maintenue dans l'inconscient. Pour Jung, moi désigne le conscient. Soi, la totalité du psychisme conscient et inconscient. Le soi est donc beaucoup plus vaste que le moi.

soi, pour W. James, tout ce qui est personnel : le « moi » et le « mien ». Pour Freud, le soi est le prolongement inconscient du moi. Quant à C. G. Jung, il fait du soi une entité « sur-ordonnée » au moi, embrassant non seulement le conscient et l’inconscient mais « aussi le but de la vie ».

SOI. Si, pour Freud, le Moi est une instance de la personnalité dont la genèse est à étudier à partir de sa différenciation du Ça au contact de la réalité extérieure, le Soi représente pour Mélanie Klein la foncière unité du sujet. On peut dire qu’il recouvre, pour elle, la personnalité tout entière (le Ça autant que le Moi) et qu’il est là antérieurement à tout clivage. Il est donné à la naissance même et figure bel et bien le support de toute activité de l’individu. C’est ce qui donne au clivage toute sa signification, car celui-ci ne scinde pas le Soi en deux « Soi » qui s’affronteraient, mais introduit dans le Soi une faille qui fait que la représentation vécue du monde entre dans le champ du conflit interne. Seule la réduction de ce clivage permet au sujet de se retrouver tel qu’il était à l’origine, c’est-à-dire soi-même.

L’idée du Soi ne vient pas d’une réflexion. Elle se présenta à Jung, au terme d’une mise en cause longue et radicale des identifications et projections égotiques, dans l’expérience d’un principe inconscient en fonction duquel le psychisme trouve son véritable axe de croissance. Ayant lu des comptes rendus d’expériences semblables et en reconnaissant la projection dans certains mythologèmes, Jung appela ce principe le Soi et tenta d’en faire la théorie. Le Soi est vécu à la fois comme centre et comme totalité. Il est autonome, échappe au contrôle de la raison et de la volonté, est surordonné au Moi. Il se représente dans des symboles unificateurs tels que les mandatas. Il agit soit par la dynamique de 1a compensation, soit par l’effet de centrage. La relation avec le Soi fait le sens. Le Soi n’est pas un Moi profond, une personnalité secrète. Il est un schéma organisateur collectif (archétype) qui agit dans la composition psychique, déterminée par ailleurs, de l’individu ou du groupe. Il y est un principe de mise en question et de conflit, mais aussi de conjonction et d’autorégulation. Pour rendre compte davantage de l’expérience, il faut proposer des antinomies, car le Soi semble être à la fois situé dans le corps et transindividuel, structure des rapports conscient-inconscient et lien avec les événements du monde physique.

 


SOI Forme réfléchie du je : désigne l’aspect le plus profond de la personnalité comme continuité. Parfois synonyme, dans les textes psychanalytiques, du ça.


SOI 1. — Pronom réfléchi de la 3e personne : désigne ce que chacun est pour lui-même, son moi. 2. — (Psychan.) a) Utilisé parf. (Hesnard) pour traduire l’all, das Es, dans l’emploi qu’en fait Freud ; cf. ça. b) Pour Jung, ensemble du psychisme : « Il y a lieu [...] de distinguer entre le moi et le soi, le moi n’étant que le sujet de ma conscience, alors que le soi est la totalité de la psyché, y compris l’inconscient ». 3. — En soi : a) Opposé à en autre chose (cf. scol., in se opposé à in alio), caractérise la substance qui existe en elle-même, par opposition aux attributs et accidents qui existent en autre chose, b) Opposé à pour nous : ce qu’est le monde ou une chose quelconque dans sa nature propre, indépendamment de notre connaissance, de ce qu’elle représente pour le sujet ; opposé à phénomène, apparence ; chose en soi : pour Kant, cf. noumène. c) Opposé à pour soi : pour Hegel, ce qu’est une réalité indépendamment de ce qu’elle peut représenter pour elle-même ; est en soi l’Être, abstraction faite de son devenir, c.-à-d. du processus par lequel il s’oppose à soi ; pour Sartre, tout ce qui n’est pas conscience de soi, de son existence (Syn. matière}. Rem. : l’utilisation que fait Hegel du terme all. sich correspond à plusieurs déterminations : l’Absolu, la substance considérée comme sujet, est le soi qui, en tant qu’il est, est simplement en soi (an sich), avant de devenir pour soi (fur sich), et qui, au terme du processus dialectique, est en soi ce qu’il est pour soi. 4. — Pour soi : cf. en soi, sens c ; pour Sartre, Syn. conscience. 5. — Par soi : a) Traduction du latin a se ; se dit de ce qui existe en raison de sa seule nature (Dieu) ; cf. aséité. b) Traduction du latin per se ; se dit de ce qu’une chose est en vertu de sa nature.