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SOCIALISME ET COMMUNISME (Italie)

SOCIALISME ET COMMUNISME (Italie)

Créé en 1892 par Antonio Labriola (1843-1904) et Filippo Turati (1857-1932), le PSI (Parti socialiste italien) se réclame du marxisme. Mais il est aussi marqué par une tradition empreinte d’anarchisme, opposée aux réformistes (F. Turati) et s’incarnant dans le maximalisme, dont certains de ses représentants (au nombre desquels Mussolini), partisans de l’intervention dans la Première Guerre mondiale, sont exclus du parti en 1914. L’antagonisme réformisme/maximalisme perdure après la guerre, tandis qu’une troisième tendance, favorable aux thèses de Lénine et du bolchevisme, fonde en 1921 le PCI (Parti communiste italien) au congrès de Livourne. Dans l’exil, le PSI retrouve son unité sous la houlette de Pietro Nenni en 1930 et conclut en 1934 un pacte d’unité d’action avec le PCI. Après la Résistance et la participation aux gouvernements antifascistes (jusqu’en 1947), les divisions resurgissent : les réformistes de Giuseppe Saragat (1898-1988), hostiles à l’alliance avec le PCI, font scission début 1947 et créent un Parti social-démocrate italien (PSDI), membre de la coalition gouvernementale dominée par la Démocratie chrétienne (DC). Après s’être éloigné du PCI en 1956, le PSI de P. Nenni forme une majorité de centre gauche avec la DC de 1962 à 1969, puis dans les années 1980, sous la direction de Bettino Craxi (1934-2000, président du Conseil de 1983 à 1988). Compromis dans les affaires de corruption, le parti disparaît en 1992 dans l’opération « Mains propres » (Mani pulite) des juges milanais. À côté du PSI existe un courant original, le « socialisme libéral » - fondé par Piero Gobetti (1901-1926) et Carlo Rosselli (1900-1937) et dont le dépositaire est devenu Norberto Bobbio (1909-2004) -, cherchant à concilier réformes sociales et libéralisme politique ; dépourvu de représentation politique solide, comme en témoigne l’échec du Parti d’action (1942-1947), il est fécond du point de vue de la réflexion politique. Après Amadeo Bordiga (1921-1924) et Antonio Gramsci (1924-1926), le PCI est dirigé par Palmiro Togliatti jusqu’à la mort de celui-ci en 1964. La stalinisation du PCI demeure inachevée, une partie de ses cadres se formant dans la Résistance à laquelle le PCI prend une part active. Avec le « tournant de Salerne » (avril 1944), P. Togliatti choisit l’unité d’action antifasciste et la participation au pouvoir (jusqu’en mai 1947). Il construit aussi un « parti nouveau », formation de masse, dotée, grâce à la pensée d’A. Gramsci, d’un solide patrimoine idéologique, relativement ouverte et accordant un rôle significatif aux intellectuels. Mais cette souplesse, comme la distance par rapport à Moscou, sont toujours contenues dans d’étroites limites et le PCI n’échappe pas au durcissement de la Guerre froide. P. Togliatti s’empare de la déstalinisation en 1956 pour défendre l’idée d’une voie italienne vers le socialisme (le « polycentrisme ») sans démentir la solidarité avec l’URSS. Sous Luigi Longo (1964-1972), et sous l’effet de la contestation étudiante et ouvrière (l’« automne chaud » de 1969), le PCI est confronté au développement de groupes « gauchistes » dont, Il Manifesto, intellectuellement influent, qui naît en son sein avant d’être exclu de l’organisation en 1969. C’est Enrico Berlinguer qui dirige le parti jusqu’en 1984. Il le porte à son apogée électoral (34,4 % des voix en 1976), l’intègre davantage aux institutions démocratiques (« compromis historique » en 1976-1979) et le rend autonome par rapport à Moscou. Mais les années 1980 sont synonymes de déclin et Achille Occhetto (1936-), secrétaire général du PCI de 1989 à 1994, en 1991, transforme le PCI en un parti social-démocrate (PDS - Parti des démocrates de gauche) abandonnant la référence au communisme, tandis qu’une minorité, Refondation communiste, lui reste fidèle mais subit à son tour une scission en 1998 (création du Parti des communistes italiens). Le PDS de Massimo D’Alema ([1949-], président du Conseil de 1998 à avril 2000) apparaît alors comme le dépositaire d’un socialisme rénové.

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