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SMOLLETT Tobias George

SMOLLETT Tobias George. Romancier anglais né à Dalquhurn dans le Dumbartonshire (Ecosse), en mars 1721, mort à Pise le 17 septembre 1771. Il fit ses études à Dumbarton, puis à l’université de Glasgow et entra en apprentissage auprès d’un chirurgien de la ville, en 1736. A dix-huit ans, il quitta l’Ecosse pour conquérir l’Angleterre avec une tragédie : The Regicide, ayant pour thème la mort de Jacques Ier. L’échec de cette pièce, qui fut partout refusée, le hantera durant de nombreuses années. Découragé et sans ressources, il finit par trouver une place d’assistant chirurgien a bord du « Cumberland » où il servit durant l’expédition contre Carthagène. La flotte se rendit ensuite à la Jamaïque et, tombé amoureux de la fille d’un planteur, Nancy Lascelles, Smollett l’épousa avant de rentrer en Angleterre. Il s’installa, alors, comme chirurgien à Downing Street, mais le peu de goût qu’il avait pour la profession et la mauvaise marche de ses affaires lui firent chercher un dérivatif dans la littérature. Son premier roman, Les Aventures de Roderick Randon (1748) est en grande partie autobiographique. Le livre parut anonymement et fut, dans la traduction française, attribué à Fielding. Furieux de cette méprise, Smollett vint à Paris pour se faire reconnaître comme le véritable auteur. A son retour, en 1751, il publia Les Aventures de Peregrine Pickle, qui connut aussitôt un énorme succès et fut immédiatement traduit en France où il recueillit la même faveur. Son troisième roman, Les Aventures de Ferdinand comte Fathom parut en 1753. Ce livre de mystère et de terreur est à l’origine du « roman noir » qui deviendra un véritable genre dans la littérature anglaise. La prodigalité de Smollett et sa fréquentation assidue des tavernes le laissaient perpétuellement à cours d’argent malgré le succès. C’est pour faire face a ses dépenses qu’il se lança dans d’énormes travaux de compilation et d’édition. Infatigable, il donna une version de Don Quichotte, fit paraître un périodique littéraire : The Critical Review (1756), entreprit une Histoire d’Angleterre, réunit et rédigea en partie un recueil de récits de voyage en sept volumes et composa Une Histoire universelle [An Universal Story, 1768-1769]. En janvier 1760, il lança le British Magazine où il publia en feuilleton son médiocre : The Adventures of Sir Lancelot Greaves; en 1762, The Briton qui disparut au bout de quelques mois. Il s’attaqua ensuite à une traduction en trente-huit volumes des œuvres de Voltaire. Ces énormes travaux qui lui rapportaient d’ailleurs beaucoup d’argent ruinèrent sa santé et il finit, sur l’avis de sa femme, par se décider à aller prendre du repos à l’étranger. Il résida surtout sur la Riviera et rapporta de ce séjour deux remarquables volumes de souvenirs et d’observations intitulés Voyages (1756) et Travels through France and Italy (1766). Il semblait guéri mais un ulcère mal soigné rongeait ses forces. Il alla se soigner à Bath en 1766, visita l’Ecosse, puis revint se fixer à Londres en 1768. Une recrudescence d’énergie lui permit alors de composer son extraordinaire The History and Adventures of An Atom, qui est une féroce satire rabelaisienne de la conduite des affaires publiques dans l’Angleterre de son temps. Il retourna en Italie en 1769 et s’établit à Antignano près de Livourne. Sa dernière œuvre, écrite en 1770, Voyage de Humphry Clinker, par sa causticité, la verve et la vivacité de son style, se place au premier rang des ouvrages de langue anglaise.

♦ « Il écrit dans la manière et l'esprit de Cervantès et témoigne d'une grande connaissance de la nature humaine ainsi que d'une grande maîtrise dans chacune de ses sentences. » Goldsmith. ♦ « Il y a chez lui de l'humour et du mauvais goût, du génie qui dégénère en insanité... » Coleridge.

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