SKELTON John
SKELTON John. Poète anglais. Né à Diss dans le Norfolk vers 1460, mort à Londres, à l’abbaye de Westminster, le 21 juin 1529. La tradition veut qu’il ait fait ses études à Oxford mais il est à peu près certain qu’il fréquenta également Cambridge, où il aurait été reçu « master of arts ». Sa première œuvre fut écrite pour la comtesse de Richmond, mère d’Henri VIII, et s’intitulait : Of Mannes Lyfe the Peregrynacioun. On sait qu’il s’agissait d’une adaptation du Pèlerinage de la vie humaine de Guillaume de Guilleville mais le texte en a été perdu. Ses premiers poèmes connus sont deux élégies, l’une sur la mort d’Edouard IV, l’autre sur celle de Henri Percy, comte de Northumberland. Vers 1495, Skelton fut choisi pour être précepteur du prince Henri, le futur Henri VIII, et c’est pour lui qu’il composa son Spéculum Principis qui ne nous est pas parvenu. Il fut successivement ordonné sous-diacre, diacre et prêtre en 1498 mais demeura à la cour jusqu’en 1504, date à laquelle on lui donna le rectorat de Diss qu’il conserva jusqu’à sa mort. Ses satires et ses sarcasmes lui valurent beaucoup d’ennemis, surtout parmi les dominicains, et il fut un moment suspendu de sa charge par l’évêque de son diocèse. Cette insoumission et ce non-conformisme lui ont valu pendant tout le XVIe siècle de faire figure de « joyeux farceur » dans l’imagination populaire et c’est sans doute pour répondre à cette réputation que fut réuni le recueil : The Merie Tales of Skelton, dans lequel beaucoup de textes doivent être apocryphes. The Bouge of Court, satire contre les vices et les dangers de la vie à la cour, est un poème allégorique qui utilise la stance créée par Chaucer. L’originalité de la composition du Livre de Philippe le moineau a donné naissance à la versification dite « skeltonique ». Parmi ses autres œuvres importantes, il faut mentionner : Colin Clout qui expose les opinions d’un homme moyen sur l’ignorance, la vanité et la simonie de l’Êglise que l’auteur feint de défendre et The Tummynge of Elynoure Rummynge qui a fait accuser l’auteur de grossièreté parce qu’il y décrit de façon très réaliste une assemblée de femmes ivres dans une auberge. On sait, en outre, qu’il avait écrit trois pièces mais une seule, Magnificence, nous est parvenue. ♦ « Son incomparable fertilité et l’extraordinaire mouvement de sa langue font qu’il est un des rares écrivains anglais approchant de Rabelais. » Hallam. « La puissance, l’étrangeté, la volubilité de son langage, l’audace de ses satires et la parfaite originalité de sa manière font de Skelton un des plus grands écrivains de tous les temps et de tous les pays. » Southey.