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Sixte IV, Francesco della Rovere (près de Savone 1414-Rome 1484); pape [1471-1484].

Sixte IV, Francesco della Rovere (près de Savone 1414-Rome 1484); pape [1471-1484]. Né en Ligurie, général des franciscains depuis 1464, S. est élu le 10 août 1471 (consacré le 25 août). Successeur du Sien-nois Pie II et du Vénitien Paul II, ce Génois poursuit avec fermeté, parfois sans scrupule, la politique de renforcement du pouvoir pontifical. Les symboles en sont multiples, dont l'abolition en 1478 des décrets du concile de Constance qui avait élu son lointain prédécesseur Martin V. Homme de son temps, S. organise, à la demande des souverains, l'inquisition espagnole ; il connaît au début de son pontificat la déroute de la croisade lancée par son prédécesseur (1472-1473) et les succès modestes d'une seconde (1481-1482). Il croit pouvoir régler avec le roi de France Louis XI la question, longtemps pendante, des rapports entre papauté, royauté et clergé de France (bulle du 13 oct. 1472, ratifiée par le roi à Amboise le 31). Accord équilibré, qui ouvre la voie aux concordats modernes en délimitant les interventions entre le pape et le souverain, l'entente se fait au détriment du clergé « gallican » qui voit s'estomper les vastes promesses d'indépendance ouvertes lors de la crise conciliariste. L'application de l'accord, pourtant, est vite suspendue dans les faits, Louis XI excellant à tirer parti des difficultés du pape. S. est aussi le premier pape de la Renaissance. L'un des plus actifs protecteurs des arts et rebâtisseurs de la Ville étemelle, il lance de grands travaux à l'occasion du jubilé de 1475 (bon moyen de vendre des indulgences), donne son nom au « Ponte Sisto » et à la chapelle Sixtine, enrichit la Bibliothèque vaticane, fonde l'Académie Saint-Luc. Il promeut des cardinaux-neveux qui prennent une importance croissante sur son esprit : les deux frères Pietro puis Giro-lamo Riero, Giuliano della Rovere (futur Jules II). Il se voit ainsi entraîné dans la conjuration des Pazzi (1478) qui cherche à renverser les Médicis, puis dans une guerre contre Florence (1478-1480). Toujours davantage liée au très instable équilibre diplomatico-militaire de la péninsule, la politique pontificale accumule les revirements : S. entre en conflit avec le roi de Naples Ferdinand que son prédécesseur Pie II avait soutenu, soutient Venise contre Ferrare puis combat Venise. Il meurt le 12 août 1484.

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