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SIMON Jules

Homme politique français. Député des Côtes-du-Nord en 1848, il siégea avec la gauche modérée et refusa de prêter serment à Napoléon III. Opposant à l'Empire, il fut élu au Corps législatif en 1863. Devenu l'un des chefs les plus populaires du parti républicain, il fut ministre de l'Instruction publique dans le gouvernement de la Défense nationale, puis dans le gouvernement de Thiers (sept. 1870/mai 1871), mais il dut démissionner devant l'opposition des cléricaux. Directeur du journal Le Siècle (1874) et sénateur inamovible (1875), il représentait en face de Gambetta l'aile modérée du parti républicain. Président du Conseil (déc. 1876/mai 1877), il procéda à une vaste épuration parmi les préfets et les magistrats, ce qui lui valut l'hostilité de Mac-Mahon. Ardent défenseur de la liberté, même pour ses adversaires, il fit rejeter par le Sénat, en 1880, le fameux article 7 de Jules Ferry, qui voulait interdire l'enseignement aux congrégationnistes non autorisés.

Simon, Jules François Simon Suisse, dit Jules (Lorient 1814-Paris 1896); philosophe et homme politique français.

Après un passage à l’Ecole normale supérieure, S., fils d’un drapier, devient l’un des plus brillants hellénistes de son temps ; Victor Cousin l’estime tant qu’il lui confie un enseignement à la Sorbonne. Comme de nombreux représentants de la bourgeoisie cultivée, il est bientôt tenté par la politique. Mais sa première candidature à la députation échoue en 1847 face à une coalition de la gauche et de l’extrême droite. Il remporte pourtant un succès éclatant aux premières élections législatives au suffrage universel du 23 avril 1848. Modéré par nature, il déploie une activité débordante dans les commissions de l’Assemblée nationale en se consacrant en particulier aux problèmes scolaires. Il démissionne en avril 1849 pour pouvoir entrer au Conseil d’État. En décembre 1851, il perd toutes ses fonctions officielles par hostilité au coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. En 1863, il est élu au Corps législatif et devient chef des républicains modérés grâce à son éloquence. Après la chute de l’Empire (4 sept. 1870), il prend en charge le ministère de l’Éducation dans le gouvernement provisoire. Il rassemble les éléments modérés et s’oppose avec succès au radicalisme démocratique de Gambetta, qu’il pousse finalement à la démission. Dans le gouvernement Thiers, il détient toujours le portefeuille de l’Éducation où il s’occupe efficacement de la réorganisation de l’Université. En 1875, il est élu sénateur à vie et membre de l’Académie française. Un an plus tard, il forme un gouvernement républicain modéré, au sein duquel il prend en charge le ministère de l’intérieur. À travers son programme gouvernemental, il apparaît comme « profondément conservateur et profondément républicain ». En révoquant des préfets et sous-préfets bonapartistes, il tente de plaire aussi bien à la gauche qu’aux monarchistes légitimistes. Mais Mac-Mahon, qui poursuit un objectif de restauration de la monarchie, renvoie S. sans que celui-ci ne soit renversé au Parlement, ce qui ouvre la crise du 16 mai 1877. S. démissionne mais il continue de jouer au Sénat dans les années suivantes un rôle décisif, surtout comme adversaire de la politique scolaire de Jules Ferry et de toutes les réformes trop fortement laïques. Par ses discours et plus encore par ses nombreuses publications, il marque d’une façon décisive le libéralisme conservateur. Il combat également énergiquement le boulangisme.

SIMON, Jules François Simon SUISSE, dit Jules (Lorient, 1814-Paris, 1896). Homme politique français. Professeur de philosophie, républicain modéré, il fut ministre de l'instruction publique (1870-1873). Chef du gouvernement en 1876, il dut démissionner après avoir été désavoué ouvertement par le président de la République, le monarchiste Mac-Mahon. Il combattit plus tard la politique scolaire de Jules Ferry et le boulangisme. Voir Mai 1877 (Crise du 16).

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