SILVA José Asuncion
SILVA José Asuncion. Poète colombien. Né à Bogota le 27 novembre 1865, mort dans cette même ville le 23 mai 1896. Bien qu’issu d’une famille où la vie intellectuelle tenait une grande place, il fut un autodidacte. En 1883, Silva partit pour Paris sur l’invitation d’un parent. Un an après, il rentrait à Bogotà chargé de livres et imprégné du charme que notre capitale avait exercé sur lui. Son arrivée dans son pays coïncida presque avec la mort de son père; Silva se vit alors dans l’obligation d’abandonner les lettres pour diriger la maison de commerce familiale qui se trouvait à l’époque en mauvaise posture, au point que survint bientôt la faillite. A ce nouveau coup du sort, il faut ajouter la mort de la sœur de Silva, sur laquelle il avait reporté toute son affection. Quelques amis fidèles voulurent l’aider en lui procurant un poste à la légation de Colombie au Vénézuéla. A Caracas, Silva vécut dans une ambiance intellectuelle, raffinée, mais son séjour dans cette ville fut de courte durée. Reparti pour Bogotà sur l’« Amérique », il fit naufrage à l'embouchure du fleuve Magdalena. Après trois jours d’une angoissante incertitude, le poète réussit à sauver sa vie, mais les manuscrits de la plus grande partie de ses poésies et des meilleures, furent perdus. Arrivé à Bogotà, il tenta de rétablir ses finances ébranlées en mettant sur pied une industrie qui réussit, mais une fois de plus la faillite lui barra la route. Alors Silva n’eut plus le courage ni la foi pour continuer à vivre et il se suicida. Malgré cet enchaînement de douloureux événements et l’irréparable perte de sa meilleure production, Silva laissa peu de poésie mais exquise, pleine de musicalité et de résonances, d’images plastiques et de couleurs délicates, rythmique et sensuelle, qui suffit à le placer parmi les grands poètes et le désigne comme le précurseur immédiat du mouvement moderniste — Poésies (1908). Les poèmes de lui qui nous sont parvenus ont été publiés à plusieurs reprises. Mentionnons aussi son Nocturne (1895), sa Parisiana (1898) et Le Voyage au Nicaragua [1909].