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Shingon

Shingon, secte bouddhiste japonaise fondée par Kobo Daishi (774-835) qui, identifiant le culte solaire au jina Vairocana, devenu en Chine la principale divinité de l’école mystique, contribua à la recherche syncrétique du ryobu-shinto. shinto, mot japonais signifiant «la voie des kami» ou «voie des dieux». C’est la religion nationale du Japon où toutes les forces naturelles — astres, montagnes, animaux, plantes — sont personnifiées et déifiées. Des chroniques très anciennes (Kojiki) établissent le lien de filiation du pays avec le ciel et la terre (Izanagi, Izanami) et surtout le soleil (Amaterasu-Omikami). La cosmogonie typiquement japonaise, expliquant la création du monde et l’origine divine de la dynastie impériale, crée dans le shintoïsme un sentiment filial qui donne à cette religion un caractère familial. Le bouddhisme, ayant pénétré au Japon au VIe s., fut accepté sans pour cela impliquer un renoncement aux croyances indigènes. Il y eut un syncrétisme sous la forme du ryobu-shinto. Les innombrables kami sont devenus des dieux locaux, des Villages, des Métiers et des Morts. Certains dieux familiers comme les «Kojin», ou dieux des Fours, ont leur place dans chaque cuisine; d’autres, les «Tenjin», président à la calligraphie. Il y a eu, au cours des âges, des interprétations sur la nature des kami. Quelques «théologiens», cherchant un ésotérisme, y ont vu les aspects divers d’un seul dieu. Plusieurs sectes ont été créées aux XVIIe et XVIIIe s. ; aux XIXe et XXe s., des recherches sur le folklore et les légendes, l’archéologie et le culte primitif ont redonné un intérêt au shintoïsme, qui est devenu, avec l’ère Meiji, la religion nationale; ce mouvement plus politique que religieux imposait un shinto d’État patriotique avec un culte plutôt civique, fait de prières rituelles dans les sanctuaires, de fêtes, de processions avec musique et danses (de prêtres et de jeunes filles prêtresses), de pèlerinages à divers lieux sacrés, en particulier au Fuji-Yama et à Ise, et comportant surtout l’hommage à l’empereur. La religion officielle, appuyée sur le culte des ancêtres, des héros mythiques, des guerriers, des militaires tués en combattant, fait partie de la civilisation et du comportement des Japonais, mais il existe treize sectes shintoïstes assez différentes les unes des autres et même du shinto initial, les plus récentes étant du XIXe s. : le Tenrikyo et le Fusokyo. Le shintoïsme n’est pas une religion intellectuelle ; il ne se préoccupe pas du salut, ni de la vie d’outre-tombe. Mais cette religion est si exclusivement japonaise qu’elle est difficile à pénétrer pour des étrangers. Elle traduit l’âme traditionnelle du Japon, dont les sanctuaires font corps avec le paysage, exprimant la beauté de la nature et des jardins. Les temples, très simples, sont précédés de portiques «aériens», les torii, de séries d’enceintes impliquant des notions de purification, de chemins aboutissant à un sanctuaire sans image avec un petit bassin destiné aux ablutions, car la pureté physique compte autant que la pureté morale. Ils contiennent un miroir et une guirlande de papier, le gohié, souvent aussi un sabre, symboles du sacré et de la pureté. Chaque village a son dieu tutélaire et son temple entretenu par sa confrérie de paroissiens. Les cérémonies n’ont lieu qu’à certaines occasions.