Semblançay, Jacques de Beaune, baron de (Tours 1445-Paris 1525) ; financier français du XVIe siècle.
Semblançay, Jacques de Beaune, baron de (Tours 1445-Paris 1525) ; financier français du XVIe siècle. S. appartient à une famille de marchands tourangeaux qui s'élevèrent à la fin du xve siècle et au début du xvie siècle en prêtant de l'argent aux souverains et en occupant les charges financières les plus importantes de l'État. Son père, Jean de Beaune, marchand drapier et bourgeois de Tours, fournisseur de la maison d'Angoulême, devient le banquier de Louis XI et à sa mort (1480) laisse une fortune considérable en biens mobiliers et immobiliers. L'un de ses frères, Guillaume de Beaune, débute comme marchand drapier à Tours, devient général de la Cour des monnaies à Paris (1488). Parmi ses soeurs, l'une épouse Guillaume Briçonnet qui fut trésorier de France, l'autre Jean Briçonnet, général du Languedoc. Lui-même, avec son frère Guillaume, est d'abord marchand drapier, fournisseur comme son père des maisons d'Angoulême et d'Orléans. Associé ensuite avec François Briçonnet, il devient fournisseur du roi. Quand Anne de Bretagne épouse Charles VIII, il devient trésorier général de la reine. En 1495 il est nommé général des Finances pour la généralité du Languedoc, puis pour celle du Languedoïl, charge qu'il abandonne en 1515 pour son fils Guillaume. Conseiller du roi et maître des requêtes, fait chevalier en 1509, S. devient baron de Semblançay en 1516. François Ier lui confie alors la direction des finances royales (janv. 1518). Mais, fonctionnaire du roi, S. est naturellement l'intermédiaire obligé chargé d'obtenir des emprunts en engageant son crédit personnel. Comme la dette de l'Etat augmente d'année en année, et que S. est devenu l'un des principaux créanciers du roi, François Ier, persuadé que S. le vole, et désireux d'éteindre une partie de ses dettes en l'en rendant responsable, poussé par le chancelier Duprat qui déteste le surintendant des Finances, fait inculper S. par une commission spéciale (commission de la Tour carrée) en 1524. En janvier 1525 la commission le proclame innocent et reconnaît que le roi lui doit plus d'un million de livres tournois. Incapable de le rembourser, François Ier le fait poursuivre une seconde fois par Duprat. Condamné à mort pour malversations, S. est pendu, en août 1527, au gibet de Montfaucon. Son supplice inspira à Clément Marot des vers célèbres.
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