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SÉLEUCIDES

Dynastie hellénistique qui régna sur la Syrie et sur une grande partie de l'Asie antérieure de 305 à 64 av. J.-C. Son fondateur, le diadoque macédonien Séleucos Ier, d'abord gouverneur de la Babylonie, entreprit, après la défaite d'Antigone Monophtalmos (v.) et le nouveau partage des conquêtes d'Alexandre (312), de reconstituer à son profit l'Empire perse du temps des Achéménides (v.). Son empire s'étendit, au faîte de sa puissance, comme celui de Darius, dela Méditerranée jusqu'à l'Indus et comprit toute l'Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie et la Perse. Mais il se trouva écartelé entre deux attractions opposées : celle de la Méditerranée, et celle de l'Asie. C'est d'abord vers l'Est que se tourna Séleucos Ier, quand il établit sa capitale à Séleucie du Tigre, près de Babylone, point de départ, par le golfe Persique, des routes commerciales vers l'Asie centrale et vers l'Inde. Mais son expédition sur l'Indus se heurta à Chandragoupta (v.), fondateur de la dynastie indienne des Maurya. Séleucos préféra traiter avec le souverain indien (envoi de l'ambassadeur grec Mégasthénès) et se retourna en hâte vers l'Occident, où Antigone menaçait de nouveau ses relations vitales avec la Grèce. La fondation d'une nouvelle capitale, Antioche (300) de Syrie, avec le port de Séleucie de Piérie, marquait le souci du souverain de resserrer le contact avec la Méditerranée. Après la mort de Séleucos Ier (281) apparut, au S., une nouvelle menace, celle des Lagides d'Égypte. Jusqu'à la fin du IIIe s. av. J.-C., les Séleucides et les Lagides devaient se disputer la Coélé-Syrie (Liban et Palestine). Obligés de faire front dans toutes les directions, les Séleucides, dont la puissance avait son centre en Syrie, perdirent peu à peu les territoires les plus éloignés. À l'E., la Sogdiane, la Bactriane et la Parthie se rendirent indépendantes dès la seconde moitié du IIIe s. À l'O., en Asie Mineure, le Pont, la Bithynie (c'est-à-dire les côtes de la mer Noire) échappèrent complètement à la domination des Séleucides ; ceux-ci durent céder la Phrygie septentrionale aux Galates et ils ne purent empêcher la formation des nouveaux royaumes indépendants de Pergame, de Cappadoce, puis d'Arménie. Mais l'Empire séleucide connut une brillante renaissance sous le règne d'Antiochos III le Grand (223/187). Celui-ci occupa l'Arménie et la Médie, imposa sa suzeraineté aux Parthes et aux souverains grecs de Bactriane, pénétra jusqu'en Inde (212/05), chassa les Lagides de la Coélé-Syrie, puis se retourna vers la mer Égée, parut sur les Détroits (197) et faillit un moment devenir le maître de la Grèce (192). Mais les Romains le battirent aux Thermopyles (191), et, repassé en Asie, Antiochos III vit son armée écrasée à Magnésie du Sipyle (189). Ces défaites lui firent perdre toutes ses conquêtes en Asie Mineure (traité d'Apamée, 188) et la monarchie séleucide fut suivie par l'énorme indemnité de guerre exigée par Rome. Rejeté en deçà du Taurus, sous la garde vigilante du royaume de Pergame, allié des Romains, l'Empire séleucide, avec Antiochos IV (175/164/63), réussit cependant à maintenir son autorité sur les provinces orientales et tourna ses visées contre l'Égypte. En 169/68, Antiochos IV se rendit maître du Delta, mais une nouvelle intervention romaine l'obligea à se replier. La Judée, base de départ des conquêtes vers le Nil, se souleva contre le parti des Juifs hellénistes, soutenu par Antiochos IV. Dès lors, les Séleucides durent renoncer à de nouvelles conquêtes. Vers 140, ils étaient déjà chassés, non seulement de la Perse, mais aussi de la Babylonie par les Parthes, de la Palestine par les Asmonéens, et même, temporairement, de la Syrie par l'usurpateur Tryphon. Après une brève reprise en main par Antiochos VII (138/29), l'Empire séleucide s'affaiblit, la dynastie se déchirant dans des rivalités incessantes. Il prit fin avec l'annexion de la Syrie par les Romains, en 64 av. J.-C. 00020000045A00000F4E 454,Malgré leur échec politique, les Séleucides ont joué un rôle capital dans la diffusion de l'hellénisme au Proche-Orient, vers l'Asie centrale et vers l'Inde. Dans leur administration, ils renouèrent avec les traditions perses (découpage de l'empire en satrapies, plus petites et plus nombreuses d'ailleurs qu'au temps de Darius), mais restèrent toujours des princes grecs. C'est par une intense urbanisation qu'ils essayèrent de contrôler en les hellénisant leurs territoires si vastes et si divers. Ils fondèrent des dizaines de villes grecques en Syrie (Antioche, Laodicée, Séleucie de Piérie, Béroé, Apamée), en Mésopotamie (Édesse, Nisibe, Doura-Europos, Séleucie du Tigre), en Palestine, en Susiane, en Médie, en Bactriane... Ces villes, qui étaient à la fois des postes militaires, des centres commerciaux et des foyers de culture par l'institution du gymnase possédaient une campagne (chôra) répartie entre des villages indigènes et des domaines agricoles attribués à des colons grecs ; elles étaient dotées d'institutions civiques et jouissaient d'une large autonomie comme toutes les cités grecques.



Séleucides. Dynastie qui, après le démembrement de l'empire d'Alexandre (voir diadoques), finit par obtenir la Syrie et une grande partie des conquêtes d'Alexandre en Asie. Lors de la première répartition, le fondateur de la dynastie, Séleucos Ier (v. 358-281 av. J.-C.), officier d'Alexandre, avait reçu le gouvernement de Babylone (321). Ses débuts furent difficiles, mais à la fin du ive siècle il avait étendu son pouvoir à l'est sur toutes les provinces conquises par Alexandre jusqu'aux rives de l'Oxus et de l'Indus. En 301, le conflit qui l'opposait à Antigone Ier de Macédoine, son principal rival, fut réglé par la défaite et la mort d'Antigone à la bataille d'Ipsos : Séleucos demeurait le maître en Asie, avec par la Syrie et la Cilicie un accès à la Méditerranée ; Lysimaque de Thrace, autre diadoque (successeur d'Alexandre), allié de Séleucos à Ipsos, recevait en récompense le nord et le centre de l'Asie Mineure ; mais en 281 Séleucos s'empara de ce territoire après avoir battu et tué Lysimaque à la bataille de Couropédion. Voulant conquérir la Macédoine, dont le sort n'était pas encore réglé, Séleucos passa en Europe, mais il fut assassiné par Ptolémée Ceraunos, fils de Ptolémée Ier d'Égypte. Ses successeurs, d'abord son fils Antiochos Ier (roi de 281 à 261), puis le fils de celui-ci, Antiochos II (261-246), puis Séleucos II (246-225), fils aîné du précédent, dont le fils aîné devint Séleucos III (225-223), furent presque constamment absorbés dans une série de guerres contre les Ptolémées pour la possession de la Coelo-syrie (en gros la Palestine). Ce territoire fut finalement annexé en 200 av. J.-C. par Antiochos III (le Grand, 223-187), second fils de Séleucos II et prince d'une énergie et d'une détermination remarquables. Accédant au trône alors qu'il avait à peine dix-huit ans, il réprima une dangereuse rébellion de ses gouverneurs orientaux, puis entreprit de récupérer les divers territoires perdus par ses prédécesseurs. Par son expédition en Orient (212-206), il acquit l'Arménie et reprit la Parthie et la Bactriane, qui devinrent des royaumes vassaux; finalement il traversa l'Hindou-Kouch et parvint jusqu'à l'Indus, méritant ainsi, après Alexandre, l'épithète de «grand». Mais cette difficile entreprise n'eut pas de résultats durables : il avait, malheureusement pour lui, sous-estimé la force naissante de Rome. Lorsque, en 196, Antiochos passa en Europe pour reprendre la Thrace, le Sénat romain s'alarma de ce qu'il interpréta comme une politique d'expansion à l'ouest. Il y eut de longs échanges diplomatiques, jusqu'au moment où Antiochos envahit la Grèce (192) à la demande de la ligue étolienne. Battu par les Romains à trois reprises, notamment par une armée commandée par Lucius, frère de Scipion l' Africain à la bataille de Magnésie du Sipyle en 189, il fut alors forcé d'évacuer toute l'Asie Mineure à l'ouest du Taurus. Par la suite, bien qu'il conservât sa façade maritime, l'empire séleucide cessa d'être une puissance méditerranéenne. Antiochos mourut en 189. Lui succédèrent son deuxième fils Séleucos IV (187-175), puis son troisième fils Antiochos IV Épiphane (175-163). Ardent philhellène, ce roi encouragea l'urbanisation, surtout en Orient; il était excentrique et dépensier. C'est cet Antiochos qui entreprit la reconstruction de l'Olympieion d'Athènes. Il envahit l'Égypte (169-168), mais Rome intervint, et l'ambassadeur romain, Popilius Laenas, l'obligea à la retraite la plus humiliante. Comme il voulait unifier son royaume au plan religieux et culturel (y voyant peut-être un moyen de résister à Rome), il tenta d'helléniser les Juifs et d'abolir la religion juive. Cette tentative provoqua la révolte des Macca-bées ; dans la Bible, le livre de Daniel, qui date de cette époque, raconte ces persécutions. Après qu'Antiochos eut trouvé la mort dans une expédition contre les Parthes, dont la puissance commençait, le pouvoir séleucide déclina peu à peu. Antiochos IV eut pour successeurs son fils Antiochos V (mort en 162), puis Démétrios Ier (roi de 162 à 150), second fils de Séleucos IV. Le règne de Démétrios II (145-139 et 129-125), fils de Séleucos IV, illustre les difficultés qu'affrontent les derniers Séleu-cides : les attaques des Parthes et les guerres dynastiques précipitent la dislocation du territoire en une poussière de cités libres et de petits royaumes. Antiochos VII (frère de Démétrios II, et qui assura l'interrègne de 139 à 129 alors que le roi était prisonnier des Parthes) tenta une dernière fois de reprendre le territoire occupé par les Parthes : il fut vaincu en 129 av. J.-C. ; sa défaite signe la perte définitive des territoires séleucides en Orient. Les deux frères furent les derniers vrais rois de la dynastie séleucide. La Syrie et la Cilicie furent finalement conquises par Pompée en 65-63 av. J.-C. Les Séleucides ont joué un rôle important en ce qu'ils ont hellénisé l'Asie ; en particulier ces rois, et surtout Séleucos Ier et Antiochos Ier, ont fondé une foule de cités, d'un caractère plus ou moins grec : Séleucos fonda Antioche sur l'Oronte, dont il fit sa capitale pour la Syrie, et Séleucie sur le Tigre, capitale de son empire.

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