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SEIPEL Ignaz

Homme politique autrichien. Protonotaire apostolique, il fut élu député chrétien-social en 1919 et présida son parti de 1921 à 1929. Jouissant d'une grande autorité morale, il fut appelé au pouvoir en 1922, alors que l'Autriche était au bord de la guerre civile. Mgr Seipel mit fin à l'inflation et à la crise économique, avec l'aide des capitaux étrangers qu'il obtint après avoir placé l'Autriche sous la tutelle de la SDN (protocole de Genève, 4 oct. 1922). Grièvement blessé dans un attentat le 1er juin 1924, il dut se retirer pendant deux ans. Revenu au pouvoir et assuré d'une majorité par les élections de 1927, il mena la lutte contre les socialistes (notamment en s'appuyant sur les Heimwehren, milices d'extrême droite). Son action à la chancellerie avait bien préparé le régime autoritaire de Dollfuss, qui lui succéda lorsqu'il démissionna pour raison de santé, en 1929.

Seipel, Ignaz (Vienne 1876-Pernitz 1932) ; prélat et homme politique autrichien. Si S., érudit et prêtre, chef de parti et chancelier, est celui des dirigeants politique de la première République autrichienne qui a davantage la dimension d’un homme d’État, il demeure pourtant la figure la plus controversée de cette période qui mena l’Autriche des Habsbourg à Hitler. En octobre 1918, il entre au cabinet Lammarsch comme ministre à l’Assistance sociale en tant que représentant d’une Grande Autriche conservatrice et catholique et porte-parole d’un pacifisme modéré, après s’être déjà distingué auparavant comme publiciste et professeur de théologie morale à Salzbourg et à Vienne depuis 1909. Après l’effondrement de l’Autriche-Hongrie, il parvient à unir le parti social-chrétien divisé sur la question de l’abrogation de la réforme de l’Etat monarchique, qu’il représente à l’Assemblée nationale ainsi qu’au Conseil national dont il prend la tête en 1921. La dissolution de la coalition entre les sociaux-chrétiens et les socialistes et l’alliance des premiers avec les partisans de la Grande Allemagne, dans le but d’éliminer les socialistes, est pour l’essentiel son oeuvre. Le 21 mai 1922, il prend lui-même la tête du gouvernement et s’efforce d’assainir la monnaie et les finances de l’Etat par l’appel aux capitaux étrangers ; mais l’activité économique ne parvient pas à se redresser. Lorsque, dans le cadre de la bataille qu’il mène pour l’adoption du protocole de Genève de 1922, il s’oppose brutalement aux amendements socialistes, il contribue à aggraver très sérieusement les divergences en politique intérieure qui amènent le pays au bord de la guerre civile (insurrection socialiste du 25 juill. 1927). Des dissensions avec son propre parti portant sur différents éléments de son oeuvre de redressement amènent S. à démissionner en 1924, il conserve cependant une influence importante et revient à nouveau au gouvernement en 1926. Ses orientations très anti-socialistes le poussent vers la droite et à une alliance avec le mouvement fasciste des Heimwehr qu’il s’efforce de jouer contre les socialistes et le Schutzbund républicain. Il fait volontairement en sorte de rendre insurmontable l’opposition aux socialistes et, par ses manoeuvres, conduit la République dans une impasse qui rend inévitable sa démission le 4 avril 1929. Lorsqu’il veut se présenter à l’élection à la présidence en 1930, son propre parti refuse de le suivre. Lors de sa participation au gouvernement Vaugoin, il s’identifie au mouvement des Heimwehr de tendance fasciste, bien que celui-ci soit en pleine décomposition interne. Sous la direction de S., la première République démocratique se mue en régime crypto-fasciste.

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