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SÉGRÉGATION

La ségrégation consiste à séparer les personnes de races ou de religions différentes habitant dans un même pays en frappant tel groupe de certaines incapacités politiques ou sociales (restrictions du droit de vote, interdiction de l'accès dans les lieux publics, les écoles, etc.) ou en obligeant ce groupe à résider dans des lieux déterminés. On trouve à toutes les époques de l'histoire et sur tous les continents des exemples de ségrégation. Avec le système des castes, les dirigeants indiens ont établi au IIe millénaire av. J.-C., un ségrégationnisme radical qui devait subsister jusqu'au XXe s. Les Mongols, les Aztèques pratiquèrent également la ségrégation à l'égard des peuples vaincus. En Europe occidentale, les esclaves de la Grèce et de la Rome antique, privés de toute personnalité juridique, étaient soumis à un régime ségrégationniste, comme le furent les Juifs (v.) du Moyen Âge, confinés dans des ghettos. À partir des lois de Nuremberg de 1935, le IIIe Reich pratiqua lui aussi la ségrégation à l'égard des Juifs, qui se virent interdire le mariage et même les relations sexuelles avec les « aryens », l'accès à certaines professions ou aux magasins en dehors de certaines heures, qui furent soumis ensuite au port d'un signe distinctif et qui, enfin, dans les pays conquis par la Wehrmacht dans l'Europe de l'Est, furent rassemblés dans des ghettos avant d'être exterminés. Les États collaborationnistes, à l'instar de la France de Vichy, adoptèrent la même politique de ségrégation antisémite, qui eut pour conséquence de faciliter la politique d'extermination organisée par les nazis. Aujourd'hui, la ségrégation raciale n'existe plus en Europe et la plupart des pays ont une législation qui réprime les attitudes ségrégationnistes. Sur la ségrégation aux États-Unis, voir NOIRS AMÉRICAINS, APARTHEID, BANTOUSTANS et SUD-AFRICAINE (République).

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