SCHMIDT Helmut
Homme politique allemand. Député du parti social-démocrate au Bundestag en 1953, il prit la tête du groupe parlementaire de ce parti. Hostile à l'alliance électorale avec les libéraux, il refusa un poste ministériel dans la « grande coalition » dirigée par Kiesinger. Ministre de la Défense dans le cabinet Brandt (1969/72), il demanda l'installation sur le sol allemand de vecteurs d'armes nucléaires américaines. Ministre des Finances en juill. 1972, il remplaça Willy Brandt comme chancelier fédéral (mai 1974). Ses mesures d'austérité réussirent à ramener l'inflation à moins de 5 %, mais entraînèrent un chômage important. Réélu à la chancellerie le 5 oct. 1980, il dut faire face à la division des sociaux-démocrates à propos de la construction de centrales nucléaires et de l'installation par l'OTAN, en Allemagne fédérale, de fusées Pershing II et de missiles de croisière. Le chômage augmenta jusqu'à toucher près de 2 millions de personnes en 1982 et, en 1983, H. Schmidt fut renversé après que les libéraux, membres de la coalition gouvernementale depuis 1976, eurent fait alliance avec les chrétiens-démocrates. Son isolement au sein de la social-démocratie se confirma lorsqu'en nov. 1983 il approuva au Bundestag l'installation des missiles de l'OTAN, tout en s'abstenant au moment du vote.
Schmidt, Helmut (né à Hambourg en 1918) ; chancelier allemand [1974-1982].
Comme Willy Brandt, son prédécesseur, le cinquième chancelier de l’après-guerre est un hanséatique. Mais Brandt avait dû fuir l’Allemagne hitlérienne comme militant d’un petit parti d’extrême gauche. S. vit sans drame sous le régime hitlérien et sert dans la Wehrmacht. À la fin de la guerre il est Oberleutnant, lieutenant, et son unité le délègue pour assister en observateur au procès des conjurés du 20 Juillet, qui ont voulu tuer Hitler pour mettre fin à la guerre. Etudiant tardif, après tant d’années perdues au front, S. passe brillamment ses examens ; il a pour maître l’un des grands noms de la science économique engagée, le professeur Karl Schiller, qui comme lui entrera au parti social-démocrate et qui comme S. sera ministre dans le gouvernement de Willy Brandt. Dans le vieux parti du prolétariat, S. est entré dès 1946 ; l’an d’après il sera déjà président de l’Union des étudiants sociaux-démocrates. Il est élu député au Bundestag dès 1953. Au Parlement, il gagne la réputation d’un bretteur fort habile dont les interruptions agacent les ministres. Cependant son parti le rappelle pour occuper le poste de ministre de l’intérieur de la ville libre de Hambourg. S’engageant à fond, au mépris de sa vie, dans les secours lors d’une terrible inondation de l’Elbe, S., grâce à la télévision, accède à une popularité nationale. En 1965 il retourne au Bundestag ; pendant la Grande Coalition (1966-1969), il préside le groupe parlementaire SPD, dont il assure la discipline. A la formation du gouvernement socio-libéral de Willy Brandt, il est ministre de la Défense, fort estimé des militaires. Ministre des Finances en 1972, il freine la tendance naturelle des socialistes à creuser les déficits, et succède à son ancien maître, le professeur Schiller, qui rompt avec le gouvernement. Quand Willy Brandt démissionne en 1974, victime d’une sombre histoire d’espionnage, S. recueille la succession. S. sera chancelier pendant plus de huit ans. Il continue la politique d’ouverture à l’Est, mais avec modération. Il signe pour l’Allemagne les accords d’Helsinki et améliore sérieusement les rapports avec la Pologne. Parlant parfaitement l’anglais, il est à l’aise aussi bien à Londres qu’à Washington, mais la surprise, l’inattendu, ce sera sa profonde entente et l’on peut même dire l’amitié avec Valéry Giscard d’Estaing. Que rien ne désignait ces deux personnalités à une telle alliance serait peu dire. Mais le courant passa et ce fut un âge d’or pour l’Europe : le Système monétaire européen, la création du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, l’élection directe du Parlement européen furent les fruits de cette amitié. A l’intérieur, S. consolide la cogestion et partant, la paix sociale, mais défend aussi avec vigueur l’ordre public contre les terroristes d’extrême gauche. Il pratique une coopération prudente avec le régime communiste en Allemagne de l’Est et, vis-à-vis de l’URSS, une politique de fermeté, S. est en proie au début des années 1980 à une opposition de plus en plus violente de la gauche sociale-démocrate, inspirée en partie par Willy Brandt. Quand les libéraux, membres de la coalition gouvernementale, exigent de nouvelles économies budgétaires, S. pris en sandwich entre ses alliés et « ses » amis politiques perd sa majorité. Mis en minorité, S. est remplacé par le leader de la CDU, Helmut Kohl.