SAVINIO Alberto
SAVINIO Alberto. (Pseud. de Andrea, baron de Chirico). Écrivain, peintre et musicien italien. Né à Athènes le 25 août 1891, mort à Rome le 6 mai 1952. Pour la formation (et, disons, la mythologie) de cette personnalité multiforme et on ne peut plus séduisante, on peut se référer à celles de son frère aîné Giorgio, leurs deux jeunesses s’étant déroulées dans une osmose singulière : même paradis enfantins inoubliables en Grèce, et, pour le puîné, après la mort du père bien-aimé en 1906, des études musicales à Munich auprès du grand compositeur Max Reger, puis, a Paris, où il commence à écrire (en français) et provoque l’admiration de Guillaume Apollinaire (anticipant sur celle d’André Breton, qui classera Savinio parmi les précurseurs du surréalisme). Mobilisé en 1915-1918 dans les Balkans, Savinio réside par la suite d’abord à Milan, puis, à Rome, fréquentant assidûment le groupe néoclassique de la Ronda, non sans quelque esprit séditieux : mais, à cette phase de sa vie, ses aspirations sont surtout musicales. Déçu par la musique aussi bien que par les lettres, il s’installe en 1925 à Paris, pour s’adonner pendant huit ans à la peinture avec un certain succès. Nouvel avatar en 1933 : retournant à la littérature, il entreprend une œuvre très diverse de conteur et de chroniqueur, qui toutefois n’impose son génie qu’à l’attention d’une « intelligentsia » restreinte. Ce n’est qu’après sa mort (presque pauvre) que l’on s’avise, au cours de ces dix dernières années, que Savinio pourrait bien être, ainsi que l’affirme Leonardo Sciascia, le plus grand écrivain italien de son temps... Si, du musicien, on peut dire qu’il est spectaculaire, à la lettre (il s’est montré aussi bon scénographe de ses ballets : Persée, 1924, La Mort de Niobé, 1925, Ballade des saisons, 1925, que de sa pièce Capitaine Ulysse, 1934), et du peintre, que sa propre « métaphysique » s’apparente à coup sûr à celle de son frère, la priorité dans leur communauté d’inspiration restant une énigme, c’est sans le moindre doute, l’œuvre littéraire qui domine la carrière de Sanivio. Œuvre où la recherche de l’insolite est constante, dans une phosphorescence et un éclat qui font penser aux origines siciliennes de la famille et qui s’articule dans les formes de l’intimisme initial, d’abord surréel d’Hermaphrodito (1918), puis familier de La Maison inspirée [La casa ispir ata,1925] et de Angélique ou la nuit de mai [Angelica o la notte di maggio, 1927], dans la confession autobiographique fortement poétisée de Maison « La vie » [Casa « La vita », 1942] et Toute la vie [Tutta la vita, 1946]; dans les « vies parallèles » et les reportages capricieux: Narrez, hommes, votre histoire [Narrate, uomini, la vostra storia, 1942], J’écoute ton cœur, ô ville [Ascolto il tuo cuore, città, 1943].
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