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SATÔ Eisaku

Homme politique japonais. Fils d'un brasseur de saké, d'une famille d'anciens samouraïs, il fit une brillante carrière dans la haute administration et le parti libéral. Pourvu d'un poste ministériel par l'administration américaine d'occupation en 1947, il fut élu député libéral en 1949 et joua un rôle politique de plus en plus important, dans le sillage de Shigeru Yoshida (v.). Chef du parti libéral-démocrate et Premier ministre de nov. 1964 à juin 1972, il normalisa les relations avec la Corée du Sud et renouvela en 1970 le traité d'alliance avec les États-Unis, qui lui accordèrent la rétrocession d'Okinawa ; sous son administration, le Japon connut une expansion économique sans précédent. Il reçut en 1974 le prix Nobel de la paix.

Satô, Eisaku (Tabure 1901-Tokyo 1975); Premier ministre du Japon [1964-1972].

Fils d’un fabricant de saké du sud du Japon et d’une descendante de la noblesse samouraï, S. est le cadet de trois frères, Satô Ichirô, amiral, et Kishi Nobusuke, Premier ministre de 1957 à 1960. Après une formation classique, il entreprend une carrière de haut fonctionnaire au ministère des Chemins de fer pendant la guerre. Il est remarqué par Yoshida Shigeru, le reconstructeur du Japon de l’après-guerre, dont il devient le protégé. Entré au parti libéral démocrate (PLD) en 1949, il occupe divers postes ministériels et dirige le parti avant de prendre en charge le poste de Premier ministre. Il soutient alors une politique commerciale de conquête des marchés extérieurs et obtient la normalisation des relations avec la Corée du Sud (1965). Par contre, son hostilité obstinée à l’égard de la République populaire de Chine est la cause de sa chute. Sur le plan social, sa personnalité terne ne lui permet pas d’endiguer la vague de contestation après 1968. Sur le plan diplomatique, il connaît quelques succès notables. Le plus grand est d’obtenir le retour en 1972 de l’île d’Oki-nawa, gouvernée par les Etats-Unis. Le plus inattendu est l’attribution du prix Nobel de la paix (1974) parce que son gouvernement a émis le principe selon lequel le Japon s’interdisait la fabrication ou le recours à l’arme nucléaire.

Bibliographie : J. Gravereau, Le Japon, l'ère de Hirohito, 1988.

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