SAPOR ou SHAPOUR Ier
Roi sassanide de Perse (241/72). Fils et successeur d'Ardachir Ier, il conforta les frontières orientales de l'Empire et se retourna, à l'ouest, contre la puissance romaine. L'empereur Philippe l'Arabe dut lui abandonner l'Arménie et la Mésopotamie en 244. Sapor/Shapour envahit la Syrie et la Cappadoce, captura l'empereur Valérien (260), qui commandait l'armée romaine d'Orient, et le garda en captivité jusqu'à la mort. Les souverains de Palmyre, alliés de Rome, le refoulèrent et lui reprirent la Mésopotamie (264). Sapor/Shapour Ier donna à la monarchie sassanide ses caractères définitifs et consacra le mazdéisme (v.) religion d'État.
Sapor [Shapur] Ier; roi sassanide de Perse [241-272].
Ardachir Ier, le premier Sassanide et le père de S., semble avoir, de son vivant, imposé une corégence à son fils (241). Le jeune État est alors environné de dangers, que S. réussit à dominer. Une inscription sur le temple du Feu de Naqsh-i-Rustam, près de Persé-polis (Perse), raconte sa victoire sur son ennemi oriental, le puissant royaume kushan entre l’Indus et l’Oxus où il remplace la dynastie de Kanishka par une dynastie d’obédience perse. En Occident, S. avance jusqu’à Antioche et s’empare de toute la Mésopotamie romaine. L’empereur Gordien III et Timésithée le battent à Resaina et regagnent le terrain perdu. Mais Philippe l’Arabe [244-249], meurtrier (?) et successeur de cet empereur, abandonne l’Arménie, où S. installe un roi à sa dévotion qui profite de la faiblesse de l’Empire romain attaqué sur plusieurs fronts par les peuples barbares. À partir de 256/257, S. reprend l’offensive en Mésopotamie, enlève les places fortes de Nisibie et de Carrhae, détruit Doura-Europos, traverse la Syrie et de nouveau arrive à Antioche. Ce qui décide l’empereur Valérien à partir pour l’Orient. À son approche, les Perses quittent Antioche et Valérien débloque Édesse. Mais en 260, semble-t-il, il est capturé par S. et meurt en captivité. (Les bas-reliefs rupestres de Naqsh-i-Rustam montrent la soumission de Valérien à Bichapur, la nouvelle capitale créée par S.) Tandis que les légionnaires captifs sont installés dans des villes séparées et utilisés à des constructions publiques, S. poursuit son avance, reprend Antioche et pousse jusqu’à Tarse, en Cilicie. Sur le chemin du retour, S. est attaqué et vaincu, au passage de l’Euphrate, par une coalition d’Arabes, de Romains et de Palmyriens dirigée par Odénath, le prince de Palmyre que l’empereur Gallien a nommé commandant en chef des troupes romaines en Orient (262 à 267). Après son assassinat, son épouse Zénobie conclut une alliance avec S. Les textes dont on dispose mettent l’accent sur les qualités de S. et sur ses centres d’intérêt (sous son règne, traductions d’ouvrages scientifiques du grec et de l’indien). En outre, il encourage la doctrine de Mani, qui fonde une nouvelle religion, et qui sert ses rêves impérialistes. Mais les succès de S. sont sans lendemain, la faiblesse de ses successeurs, la puissance croissante de la noblesse féodale et les révoltes de minorités proromaines et chrétiennes après la reconnaissance de la chrétienté par Constantin, jointe à la vieille menace des peuples nomades de l’est (Huns), rongent le pouvoir des Sassanides. Seuls quelques souverains, et notamment Sapor II [310-379], l’adversaire de l’empereur Julien, enrayent cette évolution pour une courte période.
Bibliographie : J. Gagé, La Montée des Sassanides, 1964.