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SANDINO Auguste César

Révolutionnaire nationaliste nicaraguayen. Il participa en 1926 à la guerre civile qui opposait l'armée libérale de J.M. Moncada, partisan du vice-président constitutionnel J.B. Sacasa, au président conservateur Adolfo Diaz, soutenu par l'intervention des troupes américaines. En mai 1927, Moncada accepta une paix de compromis qui le fit président de la République (1928/32). Refusant l'accord, Sandino prit la tête de quelques dizaines de Blancs et de 600 Indiens. Cette « Armée de la défense de la souveraineté du Nicaragua » mena pendant plusieurs années un combat de guérilla contre des forces très supérieures en nombre et en armement, réussissant à contrôler la zone frontière avec le Honduras. Alors qu'il avait été invité à Managua par Sacasa, devenu président de la République, il fut arrêté sur l'ordre du chef de la Garde nationale, Anastasio Somoza Garcia, et fusillé. La guerre entre somozistes et sandinistes commençait et se poursuivit durant des années. En 1956, Anastasio Somoza, devenu président de la République, fut assassiné par un sandiniste ; les sandinistes finirent par s'emparer du pouvoir en 1979.

Sandino, Augusto César (Niquinohomo 1895-Maragua 1934); guérillero nicaraguayen.

Né bâtard dans l’un des pays les plus catholiques d’Amérique latine, S., menacé d’emprisonnement après avoir blessé un homme qui l’avait défié (1920), est contraint à un long exil de six ans. Il rentre au Nicaragua en mai 1926, pour soutenir la cause des libéraux en guerre civile avec les conservateurs pro-yankees, et révèle ses qualités de meneur d’hommes. Un an plus tard, il refuse de se soumettre à l’armistice négocié sous les auspices nord-américains et organise une guérilla, qui s’étend progressivement de la frontière hondurienne à toute la moitié nord du pays. « Le général des hommes libres » (H. Barbusse), refusant l’intervention directe des Etats-Unis dans la vie politique du pays, tient tête durant sept ans à la garde nationale, commandée par des officiers américains, malgré de faibles moyens, une tactique encore élémentaire et un isolement presque total. Lorsque les marines se retirent en vertu de la « politique de bon voisinage » de Roosevelt (fin 1932), la cause de S. triomphe bien qu’il n’ait pas vaincu sur le terrain. Il se replie alors sur la communauté de Wiwilf avec ses troupes, mais est assassiné à Managua en février 1934 sur les ordres du général Somoza. Le mythe du résistant, martyr de l’indépendance nationale, émerge alors malgré la dictature somoziste (1936-1979), s’incarnant dans le sandinisme contemporain qui greffe sur l’image du patriote des idéaux marxistes de révolution politique et sociale bien étrangers à la filiation libérale que S. lui-même revendiquait.

Bibliographie : P. Vayssière, Auguste César Sandino ou l’Envers d’un mythe, 1988.

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