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SALDA Frantisek Xaver

SALDA Frantisek Xaver. Critique tchèque. Né le 22 décembre 1867 à Libérée, mort le 4 avril 1937 à Prague. Fils d’employé des postes, il n’achève pas ses études de droit mais s’oriente vers la littérature et la critique; après une très grave maladie, il soutient sa thèse de doctorat et il est nommé maître de conférences (1916) et professeur de littératures romanes (1919) à l’Université Charles de Prague. Il débute en poète. Son premier récit « symbolique », Analyse [Analysa, 1890], vivement pris à partie par la critique, provoque sa réplique : ainsi naît un critique qui fait preuve d’une vaste culture, notamment française (Sainte-Beuve, Taine, Hennequin, Morice, etc.) et qui affirme sa maîtrise également dans le domaine des arts. Cependant, il écrit toujours des poèmes, édités dans les recueils L’Arbre de la souffrance [ 1920], Nova et vetera (1938), des nouvelles, réunies dans les volumes de La Vie ironique [1912], Gravures anciennes et nouvelles [1935], un roman Pantins et ouvriers de Dieu [1917], et trois pièces de théâtre, notamment Les Foules [Zâstupové, 1921]. Ses études et essais critiques paraissent rarement en volumes : Luttes pour Demain [1905], contenant son crédo de critique, et ses essais sur Rodin, Munch, Neruda..., L’Ame et l’Œuvre [1913] avec des analyses de Rousseau, Ibsen, Zola, Flaubert, Huysmans, Mâcha, Nëmcovâ, Vrchlichÿ, Sova, Brezina, Svobodovâ..., des études générales sur la littérature tchèque, l’art et la religion, l’immortalité poétique, et monographiques (Shakespeare, Dante). La plus grand partie de son œuvre critique, dispersée dans diverses revues, est réunie après 1945 dans les 13 volumes de ses Ecrits critiques couvrant — à quelques « omissions » forcées près — les années 1892-1928 De 1928 à 1937, il édite Bloc-notes de Salda, fait uniquement de ses études, notes, récits — par exemple La Tentation de Pascal — de ses poèmes aussi. De culture universelle — sa « famille spirituelle » comprend Dante, Shakespeare, Pascal, Kierkegaard, Dostoïevski — ce sont néanmoins les Lettres et les arts français qui lui sont les plus proches et auxquels il consacre, après le domaine tchèque, le plus d’attention (Rabelais, Chénier, Stendhal, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé, Claudel, Valéry, etc.). Parfaitement indépendant des théories, des idéologies, des forces extérieures, il considère la critique comme un acte créateur et héroïque, essentiellement éthique. Acte individuel, une œuvre d’art vraiment créatrice est cependant au service de la vie qu’elle « valorise » sans lui être soumise d’aucune façon. Ainsi, Salda transcende les générations, les mouvements, les écoles. Les Lettres tchèques n’ont connu de juge plus sévère, plus exigeant, de polémiste plus mordant, plus ironique, de plus intransigeant pourfendeur de la médiocrité de fond et de forme. Pendant plusieurs générations et même après sa mort, son action s’est exercée en profondeur, non seulement sur le plan littéraire mais sur l'ensemble du domaine culturel : il est — comme Masaryk sur le plan politique — une figure de proue, un homme du destin de sa nation. A la différence de Masaryk, vite rejeté par le régime de 1948, il est traité avec une extrême prudence : sont mis en avant ses aspects « progressistes », sont critiqués son « idéalisme », son « individualisme » mais, surtout, on occulte ses condamnations du marxisme, du parti communiste, de tout art partisan ou étatique, de toute mise au pas de la culture, de la création. Comme Masaryk, il est une référence.

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