SALAZAR Antonio de Oliveira
Homme politique portugais. Il fut élu député en 1921, mais, n'éprouvant que répulsion pour la politique parlementaire, il n'occupa même pas son siège. À la suite du putsch militaire des généraux Gomez da Costa et Carmona (28 mai 1926), il fut appelé à redresser la situation économique désastreuse du pays, mais il renonça quelques jours plus tard à cette mission, car on lui refusait les pleins pouvoirs. Rappelé comme ministre des Finances en avr. 1928, il réussit à équilibrer le budget (ce qui ne s'était plus vu au Portugal depuis 1854) et à stabiliser la monnaie. Président du Conseil depuis 1932, il a gouverné le Portugal pendant trente-six ans. Habile technicien financier et économique, Salazar réussit à donner au Portugal une relative prospérité qui fit longtemps supporter l'aspect dictatorial et policier du régime. Après avoir proclamé sa neutralité en 1939, il mit les Açores à la disposition des Alliés (1943) et intégra le Portugal dans l'Alliance atlantique (1949). Frappé d'une hémorragie cérébrale en sept. 1968, il dut abandonner la direction des affaires à son ancien collaborateur, Marcello Caetano. Le régime fondé par Salazar fut renversé par la révolution déclenchée en avr. 1974.
Salazar, Antonio de Oliveira (Santa Comba Dao 1889-Lisbonne 1970); dirigeant du Portugal [1928-1968].
D’origine paysanne, il mène des études de droit. Professeur à l’université de Coïmbra, il s’impose comme un spécialiste des problèmes financiers. À la faveur des troubles que connaît son pays à partir de 1910, il se rapproche des cercles dirigeants catholiques et conservateurs où il se fait connaître par de nombreux articles. Après le coup d’État militaire de 1926, il est ministre des Finances en juin 1928 et veut redresser l’économie et la monnaie. Président du Conseil en juin 1932, il installe une dictature personnelle qu’il nomme Estado Novo. Un parti unique, l’Union nationale, des corporations, l’Eglise, une armée que S. a du mal à contrôler (complot de 1947), et la police politique (la PIDE), bases d’un régime paternaliste, encadrent la population. La stabilité financière ainsi que l’ordre public et social lui assurent le soutien des grands propriétaires fonciers, des banquiers et des chefs d’entreprise. Favorable aux puissances de l’Axe, il se rallie ensuite aux Alliés victorieux mais accentue après 1945 le repli du Portugal sur lui-même, l’immobilisme économique et l’oppression politique que l’adhésion à l’AELE en 1959 ne remet pas en question. Engagé dans des guerres coloniales en Afrique, c’est un pays affaibli, isolé, en proie à la stagnation économique qu’il lègue à son successeur Caetano lorsqu’il est écarté du pouvoir par la maladie en août 1968.
Bibliographie : A. Salazar, Le Portugal et la crise européenne, 1940 ; P. Serant, Salazar et son temps, 1961 ; J. Ploncard d’Assac, Salazar, 1983 ; C. Rudel, Salazar, 1971 ; J. Marcadé, Le Portugal au XXe siècle, 1988, p. 39-48.
SALAZAR, Antonio de OLIVIERA ( Vimiero, près de Santa Comba Dâo, 1889-Lisbonne, 1970). Homme politique portugais, il imposa au pays un régime autoritaire (1933-1968). Fils de paysans pauvres, il devint, après des études de droit, professeur d'économie politique à Coïmba. Elu député en 1921, il renonça vite à cette fonction par mépris pour le parlementarisme. En 1928, appelé par le général Carmona à la suite d'un putsch militaire, il devint ministre des Finances et réussit à stabiliser la monnaie et à équilibrer le budget. Président du Conseil à partir de 1932, il institua, par une nouvelle Constitution approuvée par plébiscite (1934), l'Estado novo (« État nouveau »), régime autoritaire fondé sur le nationalisme, l'anticommunisme, le catholicisme et le corporatisme. Il mit en oeuvre une politique de redressement économique apportant au pays une relative prospérité écono-mique sans toutefois favoriser le développement industriel en raison de sa méfiance à l'égard du capitalisme moderne, risque générateur de remise en cause de l'ordre établi. Neutre durant la Seconde Guerre mondiale, le Portugal de Salazar ne cacha pas ses sympathies pour l'Axe mais, après les premières victoires des Alliés, mit les Açores à leur disposition (1943) puis s'intégra après la guerre dans l'Alliance atlantique (1949). Hostile à toute décolonisation interprétée comme une infiltration du communisme international, Salazar engagea des forces militaires de plus en plus considérables pour lutter contre les guérillas nationalistes au Mozambique, en Angola et en Guinée-Bissau. En butte à une opposition intérieure grandissante, Salazar laissa, pour des raisons de santé, le pouvoir à un proche collaborateur, Marcelo Caetano ( 1968). Le régime qu'il avait établi fut renversé par la révolution déclenchée en avril 1974 (« révolution des oeillets »).