SALANDRA Antonio
Homme politique italien. Professeur de droit, député libéral à partir de 1886, il commença sa carrière politique à l'ombre de Sonnino (v.). Déjà plusieurs fois ministre, conservateur, il remplaça Giolitti à la tête du gouvernement (mai 1914). Malgré sa décision initiale de neutralité et le désir de paix de la majorité des Italiens, il prépara l'intervention de son pays aux côtés des Alliés. Il envoya son ministre des Affaires étrangères, Sonnino, signer le traité secret de Londres (26 avr. 1915) et abandonna la rue aux manifestations des nationalistes, menaçant de démissionner pour obtenir enfin la déclaration de guerre aux puissances centrales (24 mai 1915). Mais les succès autrichiens sur le plateau d'Asegio l'obligèrent à démissionner (mai 1916). Lors de la marche sur Rome, le roi essaya d'opposer aux fascistes un gouvernement Salandra qui ne put réussir à se constituer, et Salandra lui-même dut conseiller d'appeler au pouvoir Mussolini (29 oct. 1922).
Salandra, Antonio (Troia Foggiah 1853 -Rome 1931) ; homme politique italien.
Professeur à l’université de Rome à partir de 1879, après des études de jurisprudence, S. acquiert une grande notoriété par ses conférences et ses publications sur les problèmes de droit administratif, avant de se consacrer à la politique. Partisan de Sonnino et défenseur d’un libéralisme conservateur, il est élu à la Chambre en 1886 et devient ministre en 1899. Il prend la succession de Giolitti au poste de Premier ministre en 1914 et poursuit tout d’abord la politique neutraliste, bien qu’il soit lui-même un adepte convaincu de l’expansionnisme italien. Mais il sait, au cours des mois suivants, utiliser à ses fins la campagne nationaliste en faveur de l’intervention, menée principalement par D’Annunzio et Mussolini : sous le mot d’ordre Sacro egoismo per Italia, il essaie d’abord par la voie diplomatique d’arracher aux partenaires de la Triple-Alliance les territoires convoités par l’Italie, pour finalement se décider à intervenir aux côtés de l’Entente qui vient de satisfaire ses revendications dans les accords de Londres. L’Italie entre en guerre le 23 mai 1915. Déçu par la paix de 1919, il fonde ses espoirs sur Mussolini, dont il est le partisan le plus fidèle parmi les libéraux. Son attitude contribue largement à l’éclatement puis à l’effacement de l’opposition libérale. Nommé sénateur en 1928, il meurt à Rome en 1931.