SALAN Raoul
Général français. Il fit la plus grande partie de sa carrière en Indochine où il succéda notamment à de Lattre comme commandant en chef (1952/53) ; il avait servi sous ses ordres durant la campagne de la Ire armée (1944/45), en France et en Allemagne. Nommé commandant en chef en Algérie (1956), attaché au maintien du pays sous l'autorité française, il favorisa le retour au pouvoir du général de Gaulle, qu'il croyait partisan d'une « Algérie française ». De Gaulle confia à Salan tous les pouvoirs civils et militaires à Alger, puis le nomma inspecteur de la Défense et, enfin, gouverneur militaire de Paris (févr. 1959). En 1960, ayant pris sa retraite, Salan rendit public son désaccord avec la politique algérienne du gouvernement gaulliste ; il s'enfuit en Espagne, puis tenta un putsch à Alger, le « putsch des généraux » (21 avr. 1961), avec Challe, Zeller et Jouhaud. Après l'échec de cette tentative, il prit la tête de l'OAS. Arrêté en avr. 1962, il fut condamné à la détention perpétuelle, mais libéré en juin 1968.
Salan, Raoul (Roquecourbe 1899-Paris 1984) ; général français.
Rien ne disposait S. à une carrière militaire, ni son milieu familial (des artisans et des petits fonctionnaires) ni ses études au lycée de Nîmes. Ce fut la Grande Guerre qui le pousse à servir : il intègre Saint-Cyr (1917), sert au 5e Régiment d’infanterie coloniale, gagne dans le secteur de Verdun sa première citation. Volontaire pour le Levant, il y est grièvement blessé (oct. 1921). Remis sur pied, le lieutenant S. part pour l’Indochine (1924). Il y restera treize années interrompues par deux commandements réglementaires en métropole. Captivé par l’Indochine, il en apprend les langues, s’intéresse aux moeurs, à l’économie, aux bouillonnements politiques indigènes et sillonne le nord du pays au cours de différentes missions tant militaires que civiles. Rentré en France (1937), capitaine, S. est détaché au ministère des Colonies dans le service du renseignement impérial (SRI) qu’il dirige en 1938, et où il devient un proche de Georges Mandel. A la tête d’un bataillon de tirailleurs sénégalais, il participe à la bataille de France, puis est réintégré dans ses anciennes fonctions au SRI (été 1940). Il est convaincu que « le seul avenir de la France tient à son empire ». Il quitte Vichy (févr. 1942) pour Dakar où il est affecté à l’état-major des troupes d’AOF comme chef du 2e Bureau. Colonel, il rejoint Alger toujours au 2e Bureau, mais se tient à l’écart des intrigues politiques. Commandant un régiment de tirailleurs sénégalais, il débarque à l’île d’Elbe, puis en Provence, ouvre la route vers Montbéliard, participe à la campagne d’Alsace. Promu général de brigade, il se voit confier par de Lattre la reconstitution de la 14e Division d’infanterie avec des unités régulières, des FFI et des FTP, réussit l’amalgame et conduit cette troupe jusqu’à Donaueschingen. Sur proposition de Leclerc, il repart pour l’Indochine (oct. 1945) où il commande les troupes françaises de Chine et du Tonkin. Il entre en contact avec le Viêt-minh, rencontre Hô Chi Minh et souhaiterait, comme Leclerc, une indépendance du Vietnam au sein de l’Union française. L’échec des conférences franco-vietnamiennes de Fontainebleau (juill.-août 1946), auxquelles il participe, écarte cette solution et marque le début de la guerre d’Indochine alors qu’il se trouve à Paris. En mai 1947, il est mis à la disposition du Haut-Commissaire en Indochine à la tête des troupes françaises d’Indochine du Nord. Avec l’opération « Léa », le commandement français reprend l’initiative militaire : S. chef du corps expéditionnaire français réclame des hommes et des moyens. En mai 1948, en raison de sa trop faible ancienneté, il est rappelé à Paris et remplacé par le général Blaizot qui ne connaît pas l’Indochine. En juin 1949, il est directeur des troupes coloniales. La situation en Indochine se dégradant, de Lattre est nommé en décembre 1950 Haut-Commissaire avec pouvoirs militaires et civils. Il emmène avec lui S. comme adjoint opérationnel. Pendant quatorze mois, les deux hommes rétablissent la situation militaire tout en sachant que la solution est d’abord politique. À la mort de De Lattre, S. devient le commandant en chef en Indochine où il consolide ses positions militaires en assurant de solides bases aéroterrestres. En mai 1953, il est remplacé par le général Navarre et se retrouve l’année suivante inspecteur général de la Défense en surface du territoire métropolitain. A la suite de la situation créée par la chute de Dien Bien Phu, S. est envoyé en mission en Indochine, devient l’adjoint du général Ely et négocie la partition du Vietnam. De retour en France, il rejoint le quartier général de l’OTAN avant d’être désigné par le gouvernement de Guy Mollet (en nov. 1956) commandant supérieur interarmées en Algérie. Le choix de ce général républicain que l’on dit être de gauche déclenche une campagne de dénigrements de la part des partisans du maintien de la France en Algérie, qui culminera avec « l’affaire du Bazzoka » (janv. 1957), un attentat auquel S. échappe par hasard. Par la création de la ligne « Morice » (un barrage électrifié) et par la lutte contre le terrorisme urbain (la bataille d’Alger), il neutralise la rébellion. Il donne une impulsion à l’organisation des SAS (Sections d’administration spécialisée), au recrutement de harkis et aux implantations d’autodéfense. Lors des événements de mai 1958, il conserve les liens avec Paris (S. reçoit les pleins pouvoirs des deux gouvernements qui se succèdent), calme les foules algéroises, oriente la crise vers une solution sans tomber dans l’illégalité et sans vouloir changer la nature de l’Etat en faisant acclamer le nom du général de Gaulle alors qu’il n’a jamais été gaulliste. En juin 1958, de Gaulle lui confère la charge et les attributions de délégué général du gouvernement en Algérie en même temps que celles de commandant en chef. A ce titre, il assure la bonne marche du référendum de 1958. À la fin de l’année, S. est nommé inspecteur général de la Défense nationale avant d’être mis à l’écart avec le poste de gouverneur militaire de Paris (févr. 1959). En 1960, il atteint la limite d’âge de son grade et s’installe à Alger. Après une déclaration où il condamne la politique algérienne de De Gaulle, il est interdit de séjour en Algérie. Il se rend en Espagne où il apprend que dans la nuit du 20 au 21 avril, les généraux Challe, Jouhaud, Zeller, soutenus par de jeunes colonels, ont pris Alger : ils veulent rallier l’armée d’Afrique à leur mouvement, terminer la guerre d’Algérie, forcer de Gaulle à changer de politique. S. les rejoint le 23. Le 25, le putsch est terminé. S. entre dans la clandestinité, espère un soulèvement populaire en Algérie, rejoint avec Jouhaud l’« Organisation Armée Secrète », un mouvement né en février 1961, quasi inconnu. Sil en prend le commandement avec Jouhaud comme adjoint, c’est le colonel Godard, un ancien du Vercors, qui en dirige l’action armée. Condamné à mort par contumace par le Haut Tribunal militaire, il est arrêté à Alger le 20 avril 1962. Le 23 mai, il est condamné à la détention criminelle à vie et interné à la prison de Tulle. Gracié puis amnistié en juin 1968, le général le plus décoré de l’armée française est réhabilité en novembre 1982. Il écrivit ses Mémoires, quatre volumes dont le titre, Fin d’un Empire, résume sa vie.
Bigliographie : A. Gandy, Salan, 1990.
SALAN, Raoul (Roquecourbe, 1899-Pa-ris, 1984). Général français. Commandant en chef en Indochine (1952-1953) puis en Algérie ( 1956-1958), il favorisa en 1958 le retour au pouvoir du général de Gaulle, puis s'opposa fermement à sa politique d'autodétermination en Algérie. Après avoir participé au putsch des généraux à Alger (1961), il fonda l'OAS (Organisation armée secrète). Arrêté en 1962, condamné à la détention perpétuelle, il fut libéré en 1968 et amnistié en 1982. Il a publié ses Mémoires (1970-1974). Voir Algérie (Guerre d'), Indochine (Guerre d').
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