SAINT-PIERRE Charles-Irénée Castel, abbé de
SAINT-PIERRE Charles-Irénée Castel, abbé de. Écrivain français. Né le 18 février 1658 au château de Saint-Pierre-Eglise, près de Barfleur (Manche), mort à Paris Te 29 avril 1743. Il étudia à Caen les sciences physiques et naturelles, la philosophie, la théologie, et manifesta de bonne heure un goût marqué pour les questions économiques, politiques et sociales. Mais la hardiesse de sa pensée le rendit suspect à ses contemporains, qui le considéraient tout au plus comme un utopiste. Vers 1686, Saint-Pierre vint à Paris où il ne tarda pas à se lier avec le mathématicien Pierre Varignon et avec Fontenelle. Élu membre de l’Académie française (1695), il vécut d’un petit emploi à la cour. Plénipotentiaire au congrès d’Utrecht avec le cardinal Melchior de Polignac, il publia en 1712 son premier grand ouvrage : Mémoire pour rendre la paix perpétuelle en Europe, suivi un an plus tard du Projet de paix perpétuelle , profession de foi d’un grand courage face aux sanglantes rivalités des monarchies européennes. Saint-Pierre, dans son mémoire, appelle de tous ses vœux ce que nous nommons aujourd’hui une fédération européenne, organisme dont le but suprême eût été de préserver la paix à tout prix. Une telle œuvre, par certains aspects, s’apparentait à la pensée de Leibniz, et elle inspira au philosophe des Observations qui ont été publiées au tome IV de l’édition de ses œuvres faite, en 1862, par Foucher de Careil. Saint-Pierre mit toute l’ardeur de sa foi au service de cet idéal d’une paix générale et durable, et publia en 1717 un Projet de paix perpétuelle entre les souverains chrétiens dans lequel l’examen des problèmes européens ne lui fait pas négliger pour autant la situation intérieure de chaque Etat. Après la mort de Louis XIV, il fut des premiers à entreprendre le procès de l’absotutisme. Son Discours sur la polysynodie (1718), où sont âprement critiqués quelques-uns des actes fondamentaux du roi défunt, fit tout d’abord scandale et lui valut d’être radié de l’Académie française par décision du 5 mai 1718, votée par vingt-trois voix contre une, sans qu'il ait été permis au « coupable » de présenter sa défense. L’abbé se rangeait ainsi aux côtés de Fontenelle, de Montesquieu, de Vauban, etc., c’est-à-dire parmi ceux qui souhaitaient l’avènement de la justice sociale et d’une véritable pacification Au « Club de l’Entresol » composé principalement d’économistes et dont les débats nous sont connus par le journal de l’abbé de Choisy, aussi bien que dans son Mémoire pour augmenter le revenu des bénéfices et pour faire valoir davantage, au profit de l’Etat, les terres et autres fonds des bénéfices (1725), Saint-Pierre proclamait l’importance de l’agriculture dans l’économie de la France, et affirmait que le travail doit être l’unique source de la richesse. Le trait distinctif de son œuvre, c’est sa croyance dans le progrès et dans la raison, et une pensée qui, loin d’être utopique, cadre parfaitement avec la confiance que mettra plus tard un Condorcet dans les progrès de l’esprit humain. On doit également à l’abbé de Saint-Pierre un Mémoire pour diminuer le nombre des procès (1725), un Projet pour perfectionner l’éducation (1728), ainsi qu’un Projet pour perfectionner l’orthographe des langues de l’Europe (1730). D’Alembert lui attribue la création de deux mots français : « bienfaisance » et « gloriole ».
Saint-Pierre, Charles Irénée Castel, abbé de (Saint-Pierre-Église 1658-Paris 1743); écrivain politique français.
Ordonné prêtre en 1680, déiste, il est connu pour avoir été - avec Robert Challes, la princesse Palatine dont il était l’aumônier, Fénelon et Saint-Simon - sans complaisances avec l’absolutisme monarchique de Louis XIV. En 1712 il accompagne le cardinal de Polignac au congrès d’Utrecht. En fait, s’il mérite de rester à la postérité, c’est d’abord pour être à l’origine d’un timide mouvement de pensée qui tend à organiser l’Europe en une fédération d’États. Dans son Projet de paix perpétuelle (1713), il préconise une union permanente des souverainetés chrétiennes dotée d’un tribunal et d’un congrès permanents. Ses propositions prolongent celles d’Émeric Crucé qui au début du XVIIe siècle avait préfiguré ce que seront la SDN et l’ONU. Jean-Jacques Rousseau en 1736 reprend ses idées dans son Projet de paix perpétuelle... Il est connu ensuite pour son adhésion aux transformations institutionnelles opérées sous la régence du duc d’Orléans : en 1718, il lance dans un discours le terme de « polysynodie » qui leur est appliqué.
Bibliographie : F. Bluche, Louis XIV, 1986.
♦ « C'était un homme rare, l'honneur de son siècle et de son espèce, et le seul peut-être depuis l'existence du genre humain, qui n'eût d'autre parti que celui de la raison. » J.-J. Rousseau.
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- Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre
- Charles-Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre1658-1743Ami de Segrais, de Nicole, de Malebranche, il publia en 1718 son Discours sur la Polysynodieoù, tout en louant le Régent, il juge sévèrement Louis XIV : hardiesse qui le fit exclureincontinent de l'Académie.
- L'Abbé de Saint-Pierre
- C. E. 3 juin 1938, SOCIÉTÉ « LA CARTONNERIE ET IMPRIMERIE SAINT-CHARLES » Rec. 521, concl. Dayras
- Saint-Exupéry écrit dans Terre des hommes : « Etre homme, c'est précisément être responsable. C'est connaître la honte en face d'une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde. » Vous étudierez avec soin cette définition de la responsabilité, en indiquant dans quelle mesure elle rejoint votre expérience personnelle.