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SABINA Karel

SABINA Karel. Poète et prosateur tchèque. Né et mort à Prague (29 décembre 1813-9 novembre 1877). Il eut une enfance très pénible du fait qu’il habitait une des rues les plus sordides de Prague, la Rasnovka. Ses origines prolétariennes et les luttes qu’il eut à soutenir firent de lui le champion par excellence des idées démocratiques et républicaines. Orateur passionné, journaliste infatigable, doué d’un certain goût pour la bizarrerie et les aventures, il fut, en 1848, à la tête du parti radical, et son activité révolutionnaire lui valut huit ans de prison à Prague et à Olomouc (Olmütz); ce sont les souffrances des condamnés politiques qu’il évoqua plus tard dans un de ses livres, Les Tombeaux vivants [1870]. Une fois sorti de prison, il reprit ses travaux littéraires et ses menées politiques, organisa les mouvements ouvriers, diffusa les idées socialistes. Mais, poussé par la misère et par une sorte de sombre malignité qui formait le fond de son caractère éternellement insatisfait, il entra au service de la police autrichienne, et dénonça, avec un zèle qui confinait à la frénésie, tous ceux qui servaient à Prague la cause nationale et la cause slave. Démasqué en 1872 et honni publiquement, il mourut dans la misère et en butte au mépris général. Dans le domaine de la littérature, Sabina s’est acquis plus de renom par les études qu’il fit sur K. H. Macha et par ses livrets d’opéras — Les Brandebourgeois en Bohême et La Fiancée vendue , mis en musique par Smetana, — que par ses poèmes imités de Byron et de Macha, ou que par ses nouvelles romantiques. D’autre part, Sabina écrivit des romans socialistes, Délires [1857] et Dans le désert [1863], un récit satirique, L’Eternel Fiancé [1863], et force portraits littéraires. Eduard Bas a récemment démontré que c’est à Sabina que l’on doit un épais recueil de brillantes notes biographiques, Nos hommes illustres, qui parut en 1863 sous la signature de Jan Erazim Sojka.

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