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RUHR

Espace industriel vital de l’Allemagne, la Ruhr est occupée par la France, en janvier 1923, en réponse au retard accumulé dans les versements allemands liés aux réparations fixées lors du traité de Versailles consécutif à la Grande Guerre.

Le représentant de la France, Raymond Poincaré (1860-1934), président du Conseil, décide d’agir directement par prélèvement sur la production allemande. Il doit faire face à la résistance passive de la population : les ouvriers, cheminots et fonctionnaires cessent leur travail. Cette intervention française exacerbe les tensions entre les deux pays. R. Poincaré comprend alors que le règlement des réparations est lié à la restauration financière de l'Allemagne et accepte l'élaboration par des experts du futur plan Dawes.

RUHR (Occupation de la, 1923-1925). L'occupation de la Ruhr, l'une des principales régions d'industrie lourde de l'Allemagne, par les troupes franco-belges, marqua une crise majeure dans les relations franco-allemandes. Elle eut pour origine les premiers retards allemands dans le paiement des réparations de guerre prévues dans le traité de Versailles et entraîna, à partir de janvier 1923, l'occupation militaire par la France, de concert avec le gouvernement belge, et l'exploitation des principaux centres miniers de la Ruhr. En réponse à l'invasion, le gouvernement allemand riposta en organisant la « résistance passive » durement réprimée par les forces d'occupation. La gauche et l'extrême gauche en France condamnèrent sévèrement l'occupation tandis qu'en Allemagne, elle accentua la propagande nationaliste et la condamnation du traité de Versailles. L'arrivée au pouvoir du chancelier Stresemann, conscient du coût financier de l'occupation de la Ruhr dans une Allemagne en proie à une vertigineuse inflation, et du Cartel des gauches (1924) en France sonnèrent le glas de la politique de force de Poincaré. Édouard Herriot, partisan d'une solution négociée, donna son adhésion au plan Dawes (1924) pour le réaménagement du paiement des réparations, et prit l'engagement de l'évacuation de la Ruhr en une année (octobre 1924-juillet 1925). Le traité de Locarno (1925), qui régla définitivement la question des frontières occidentales de l'Allemagne, ne justifia plus le recours de la France à des solutions militaires.

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