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RÜCKERT Friedrich Johann Michael

RÜCKERT Friedrich Johann Michael. Poète et orientaliste allemand. Né à Schweinfurt (Bavière) le 16 mai 1788, mort à Neuses, près de Cobourg (Bavière) le 31 janvier 1866. Ce sont les vives émotions de son enfance passée tout entière dans la campagne franconienne — cf. ses Souvenirs des années d’enfance d’un fils de fonctionnaire de village [1829] — qui éveillèrent la vocation poétique de Rückert. Après avoir fait de solides études classiques à l’école latine de Schweinfurt, il se rendit à l’Université de Wurz bourg où il acheva en 1809 ses études. Répugnant à suivre son père dans la carrière administrative, il accepta une place de précepteur et composa alors ses premiers vers, des sonnets idylliques tels que Amaryllis et les Funérailles d’Agnès [Agnes’ Totenfeier, écrit en 1812, publié en 1817]. La guerre de libération contre Napoléon l’enthousiasma; il songea un instant à s’engager, mais, sa nature indolente se prêtant mal à l’aventure militaire, il se contenta de chanter les combats de sa patrie dans ses Sonnets cuirassés et dans ses Chants de dérision et d’honneur qui furent recueillis dans les Poésies allemandes (1814) — Poésies — sous le pseudonyme de Freimund Reimar. S’étant rendu à Weimar, il tint pendant l’année 1816 la direction poétique de la revue Morgenblatt publiée par l’editeur Cotta, fit paraître Guirlande du temps [1817], Napoléon (1816-18), comédie politique, et écrivit ses Ghazels (1818). Au retour d’un voyage en Italie (1817-18), Rückert séjourna à Vienne : c’est là qu’il fit la connaissance de l’orientaliste von Hammer-Purgstall. L’orientalisme, auquel le Divan occidental-oriental de Gœthe venait de donner une grande impulsion, était d’ailleurs à cette époque le mouvement poétique à la mode. Cependant, à la différence de Gœthe, il allait s’efforcer de prendre à l’Orient non pas seulement un décor et un état d’âme mais encore ses formes poétiques, en particulier dans ses Roses d’Orient (1822) et surtout dans La Sagesse du Brahmane (1836-39). Marié en 1821 avec la fille d’un archiviste pour laquelle il composa son meilleur recueil poétique, Le Printemps de l’amour(1822-34), Rückert s’installa à Cobourg mais exerça également des fonctions universitaires à Erlangen (182641), puis à Berlin, comme professeur de langues et de littératures orientales. La vie berlinoise parut insupportable à cet amoureux des champs et des fleurs; au cours de son séjour dans la capitale prussienne il composa cependant deux nouveaux recueils poétiques, les Chants de l’année et de la maison et les Chants des enfants morts qui furent mis en musique en 1902 par Gustav Mahler. Rückert publia encore différentes traductions du persan et du chinois et de grands drames historiques : Saül et David [1843], Hérode le Grand [1844], L’Empereur Henri IV [1844], Christophe Colomb [1845], etc., tombés dans l’oubli.

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