ROYCE Josiah
ROYCE Josiah. Philosophe nord-américain. Né à Grass Valley en Californie le 10 novembre 1855, mort à Cambridge dans le Massachusetts le 14 septembre 1916. Il se destinait d’abord à une carrière d’ingénieur mais l’influence de son professeur, E. R. Still, le fit se tourner vers la philosophie. Une thèse sur Le Prométhée enchaîné d’Eschyle lui valut d’être remarqué et de se voir fournir les moyens d’aller compléter ses études en Allemagne. Il y suivit les cours de philosophie des Universités de Leipzig et de Göttingen, en particulier ceux de Lotze à cette dernière université et, à son retour, (1876), s’inscrivit à la John Hopkins University de Baltimore où il fit la connaissance de William James et de Charles Peirce. Sa thèse, Sur l’interdépendance des principes de la connaissance, fit parler de lui dans les milieux philosophiques et il débuta dans l’enseignement par un cours sur la littérature anglaise à l’Université de Californie. Il fut nommé, en 1885, professeur assistant de philosophie à l’Université de Harvard et professeur titulaire en 1892. Il lui arriva de remplacer William James à la chaire de psychologie et c’est en 1914 qu’il fut nomme a la chaire de morale précédemment occupée par George Herbert Palmer. Son premier livre : l'Aspect religieux de la philosophie jette les bases de sa théorie de l’Absolu. Il entendait par Absolu ce fameux principe de vérité dont chacun de nous admet l’existence, ne serait-ce qu’en reconnaissant la présence de l’erreur, laquelle appelle forcément son contraire puisqu’il nous serait autrement impossible d’en prendre conscience. L’Esprit de la philosophie moderne (1892) fait l’histoire de l’idéalisme et tente de démontrer que cette doctrine est capable de résoudre tous les problèmes posés par la science, ce qui démontrerait sa supériorité sur toutes les positions matérialistes. Ses œuvres suivantes développent ces idées et s’élèvent peu à peu vers une conception du monde qui l’amène à considérer celui-ci comme une sorte de gigantesque organisme dont le « moi » serait constitué par l’universel faisceau de toutes les pensées humaines. The Conception of God (1895), Studies of Good Will and Evil (1898), The Conception of Immortality (1900) et Le Monde et l’individu (1900-1904) jalonnent les étapes de cette évolution. Sa philosophie prendra ensuite un tour plus expérimental et se préoccupera de problèmes religieux, moraux et sociaux avec : Outlines of Psychology (1908), The Philosophy of Loyalty (1908) et The Sources of Religions Insight (1912). Il a été pendant vingt-deux ans le maître de l’idéalisme américain et il exerce encore une assez grande influence.
♦ « Son œuvre est une des tentatives les plus hardies qu’on ait faites, depuis un demi-siècle, pour donner des problèmes métaphysiques fondamentaux une solution qui dépasse les limites trop étroites de l’intellectualisme, du pragmatisme ou de la philosophie de l’intuition. » Gabriel Marcel.