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RODOLPHE

• ALLEMAGNE • AUTRICHE ALLEMAGNE RODOLPHE Ier DE HABSBOURG (* Limburg, 1er.V.1218, † Spire, 15.VII.1291). Empereur germanique (1273/91). Devenu par mariage et par héritages un des princes les plus puissants de l'Allemagne du Sud, il fut élu roi de Germanie le 1er oct. 1273 et couronné empereur à Aix-la-Chapelle trois semaines plus tard, ce qui mit fin au Grand Interrègne. En bonnes relations avec le pape Grégoire X, il travailla à la restauration de la puissance impériale, mais ne put entraver l'émancipation des grandes principautés germaniques. Son règne fut surtout marqué par la lutte contre Ottokar II de Bohême, qu'il finit par vaincre et tuer au Marchfeld, près de Dürnkrut (26 août 1278). Devenu veuf, Rodolphe épousa, en 1284, Isabelle de Bourgogne, afin d'affirmer les droits de l'Empire sur le royaume d'Arles, mais il ne put assurer à son fils Albert la succession impériale. En revanche, il laissa à sa maison l'Autriche et la Styrie et fut ainsi le vrai fondateur de la puissance des Habsbourg. RODOLPHE II DE HABSBOURG (* Vienne, 18.VIII.1552, † Prague, 20.I.1612). Archiduc d'Autriche, empereur germanique (1576/1612). Fils de Maximilien II, il fut élevé à la cour espagnole de Philippe II, couronné roi de Hongrie (1572) et de Bohême (1575), avant d'être élu roi de Germanie (27 oct. 1575) et couronné empereur. Il protégea activement la Réforme catholique et l'œuvre des jésuites, mais assura aux protestants de Bohême la liberté du culte par sa « lettre de majesté » de 1609. Rodolphe II vécut de plus en plus reclus dans son château du Hradschin, à Prague ; il avait la passion des sciences et des arts et pratiqua lui-même l'alchimie, il accueillit à sa cour les astronomes Tycho Brahe et Kepler. Profitant de son incapacité politique, son frère Matthias se fit d'abord céder le gouvernement de l'Autriche, de la Hongrie et de la Moravie (1608), puis fit prononcer sa déchéance par les états de Bohême (1611) et se fit élire roi. AUTRICHE RODOLPHE DE HABSBOURG (* chateau de Laxenburg, près de Vienne, 21.VIII.1858, † Mayerling, 30.I.1889). Archiduc héritier d'Autriche. Fils unique de l'empereur François-Joseph et de l'impératrice Élisabeth, il reçut tout jeune une rude éducation militaire, mais acquit également une vaste culture politique. Francophile et adversaire de la Prusse, il s'opposa à plusieurs reprises à la politique étrangère de son père et rêvait de bâtir un jour un empire fédéraliste et libéral. Marié en 1880 à la princesse Stéphanie de Belgique, épouse qui ne put lui donner d'héritier, il se jeta dans une vie de plaisirs et d'aventures galantes. On le retrouva mort dans le pavillon de chasse de Mayerling, gisant à côté de sa très jeune maîtresse, Marie Vetsera : toute incertitude est aujourd'hui dissipée sur l'« énigme » de cette mort, due à un double suicide. Mais le secret dont la cour de Vienne entoura l'enquête a donné lieu à de nombreuses interprétations. Sa mort fit de son cousin François-Ferdinand l'héritier du trône des Habsbourg.


Rodolphe II (Vienne 1552-Prague 1612); empereur allemand [1576-1612].

A l’empereur Maximilien II succède en 1576 son fils R., qui reçoit en Espagne une stricte éducation catholique. Dans les pays habsbourgeois à cette époque, surtout après la débâcle de l’insurrection paysanne qui avait embrasé la Haute- et la Basse-Autriche entre 1594 et 1597, la Contre-Réforme est menée à bien sous la direction du futur cardinal Melchior Khlesl. En revanche les succès remportés depuis 1593 dans la guerre contre les Turcs sont réduits à néant quand le prince de Transylvanie Étienne Bocskay se met à la tête de l’opposition antihabsbourgeoise des nobles de Hongrie et s’allie aux Turcs. À la paix de Vienne (1606), les Magyars parviennent à se faire reconnaître une totale liberté confessionnelle ainsi que le maintien de leurs libertés traditionnelles. Dans l’Empire, les tensions confessionnelles conduisent, après l’échec de la diète de Ratisbonne, à la fondation d’une Union protestante évangélique (1608) à laquelle s’oppose une Ligue catholique (1609) : cette division de l’Empire en deux blocs confessionnels devait aboutir plus tard à l’embrasement de l’Allemagne par la guerre de Trente Ans. Mais le caractère instable et fantasque de R. qui, avec l’âge, s’enferme de plus en plus dans une mélancolie et une misanthropie qui paralysent le gouvernement, suscite l’opposition de ses frères. En 1608, R. doit céder à son frère Mathias son pouvoir sur l’Autriche, la Hongrie et la Moravie. En 1611, les États de Bohême se détachent à leur tour de lui, bien qu’il leur ait accordé dans la fameuse « Lettre de Majesté » de 1609 la liberté religieuse pour les confessions non catholiques (protestantes et utraquiste) et de larges droits politiques. Solitaire et aigri, R. meurt le 20 janvier 1612 dans le château du Hradschin à Prague. Son règne, pour troublé qu’il fut, n’en a pas moins laissé dans la conscience des Tchèques une image positive : mécène et collectionneur, tout en sacrifiant au goût du temps pour l’astrologie et l’alchimie, il installe dans son palais des musées, une bibliothèque de livres rares, un cabinet de curiosités, fait venir des tableaux de Titien, Raphaël, Corrège, Vinci, des manuscrits précieux. Il protège le peintre Arcimboldo, et accueille dans son observatoire du Belvédère les astronomes Tycho Brahé et Jacob Kepler. Prague devient grâce à lui un des hauts lieux de la culture européenne. Bibliographie : J. Bérenger, Histoire de l’empire des Habsbourg, 1990, p. 271-289.


Rodolphe de Habsbourg (Vienne 1858 -Mayerling 1889) ; prince héritier d’Autriche.

Fils unique de l’empereur François-Joseph, le prince héritier R. reçoit une éducation soignée, surveillée personnellement par son père de manière peu pédagogique et parfois sévère ; elle n’empêche cependant pas R. d’être en contact avec les idées libérales de l’époque dans les domaines religieux et politique. Suivant les coutumes de la cour, il est très tôt chargé de missions militaires sans réussir cependant à faire triompher ses idées réformistes sur le solide conservatisme de l’archiduc Albert. Il ressent avec amertume le fait que, par son attachement pointilleux à la répartition des compétences existantes, son père ne lui laisse aucune part dans les affaires gouvernementales, de sorte qu’il dépend des informations des politiciens libéraux, notamment d’Ernst Plener et de son professeur, l’économiste Karl Menger. Libérai convaincu et libre penseur, R. combat la politique cléricale menée par Taaffe - y compris dans de nombreux articles anonymes publiés par les journaux. En 1878, dans le tract anonyme « La noblesse autrichienne », il fustige la tendance croissante de celle-ci à privilégier ses intérêts particuliers par rapport à l’intérêt général. Ses positions en faveur de la Grande Autriche et son désir d’une politique active dans les Balkans font douter R. de la valeur de l’alliance avec l’Empire allemand, d’autant qu’il éprouve une forte animosité pour la personne de l’empereur Guillaume IL Les motifs de son suicide (1889) à Mayerling, à côté de Vienne n’ont jamais été totalement éclaircis ; toujours est-il qu’il entraîna dans la mort son amie Marie Vetsera. Aux lourdes faiblesses psychiques qui s’étaient déjà manifestées dans la jeunesse du prince héritier, s’ajoutèrent l’ambition déçue, les tensions avec la cour et sans doute aussi l’inquiétude devant le sombre avenir de l’Empire. Bibliographie : J.P. Bled, Rodolphe et Mayerling, 1988.




RODOLPHE DE HABSBOURG (Laxenburg, 1858-Mayerling, 1889). Archiduc d'Autriche. Fils unique de l'empereur François-Joseph Ier et de l'impératrice Élisabeth, francophile et libéral, il s'opposa à plusieurs reprises à la politique de son père. Marié en 1880 à Stéphanie de Belgique dont il ne put avoir d'héritier, il se suicida plus tard avec sa jeune maîtresse, Marie Vetsera, dans le pavillon de chasse de Mayerling. Le silence que la cour impériale observa sur les circonstances du drame donna lieu pendant longtemps à de nombreuses interprétations. Sa mort fit de François-Ferdinand de Habsbourg l'héritier de la couronne impériale.

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