ROCHEFORT Henri
ROCHEFORT Henri (Victor-Henri, marquis de Rochefort-Luçay). Pamphlétaire français. Né à Paris le 30 janvier 1830, mort à Aix-les-Bains le 1er juillet 1913. Authentique aristocrate, il appartenait à une famille dont on signale des représentants dès le XIVe siècle. Les Rochefort ayant été ruinés par la Révolution, le père de l’écrivain s’était fait vaudevilliste et Henri, qui avait entrepris des études de médecine, ne tarda pas à les abandonner pour tenter, lui aussi, sa chance dans la littérature. Comme il était sans fortune, il dut se résigner à accepter un emploi obscur dans les services de l’Hôtel de Ville. Il y resta pendant dix ans, attendant impatiemment de pouvoir se lancer dans le journalisme. Il obtint enfin des collaborations à la Chronique parisienne de Vallès, à la Presse théâtrale, au Dictionnaire de la conversation et au Charivari, où il tenait la critique dramatique. Il écrivait aussi des vaudevilles et n’en donna pas moins de quatorze de 1861 à 1865. Il commença à se faire remarquer avec Les Petits mystères de l’Hôtel Drouot en 1862, mais la véritable célébrité ne lui vint que lorsqu’il entra au Figaro, en 1864. Quelques duels retentissants, avec le prince Murat, avec Paul de Cassagnac, le consacrèrent comme une figure du Boulevard. Journaliste d’opposition, naturellement, il put, grâce à la loi sur la presse de 1868, relativement libérale, avoir enfin sa tribune personnelle : ce fut La Lanterne, dont le premier numéro, paru le 1er juin 1868, atteignit le chiffre record pour l’époque de cinquante mille exemplaires. Mais le gouvernement de Napoléon III, fort alarmé, fit saisir la publication à partir du troisième numéro et Rochefort fut condamné à treize mois de prison et à dix mille francs d’amende. Il préféra passer la frontière et fit reparaître La Lanterne à Bruxelles. Quelque temps plus tard, au début de l’année 1870, venant d’être élu député de Paris, il rentrait en France. Après le désastre de Sedan, il fait partie du gouvernement de la Défense nationale, mais le pouvoir ayant beaucoup moins de charmes pour lui que l’opposition, il démissionne dès le 1er novembre, lance une feuille violemment républicaine, Le Mot d’ordre, où il apporte son soutien à Gambetta, est élu député de Paris à l’Assemblée de Bordeaux le 8 février 1871, mais résilie son mandat moins d’un mois plus tard. Rentré à Paris, il exerce sa verve contre le gouvernement de Versailles et se trouve ainsi complice de la Commune. Lors de l’entrée à Paris des troupes gouvernementales, il doit prendre la fuite, mais il est arrêté à Meaux, Le 20 septembre 1871, il passe devant le conseil de guerre qui le condamne à la déportation perpétuelle. Cette sentence suscitant de vives protestations dans l’opinion publique, le gouvernement de Thiers hésite à transférer Rochefort dans un bagne outre-mer et, pendant près de deux ans, le polémiste restera détenu dans des forts de la métropole. Moins timide que Thiers, le ministère de Broglie, en décembre 1873, décide le départ du prisonnier pour la Nouvelle-Calédonie. Le 20 mars 1874, en compagnie de quelques autres anciens communards, Rochefort parvient à s’évader, rentre en Europe, séjourne à Londres, puis s'installe à Genève où il ressuscite La Lanterne. Son retour en France, après l’amnistie, le 10 juillet 1880, déchaîne un grand mouvement d’enthousiasme populaire. Il reprend alors ses polémiques dans [Intransigeant; ses nouvelles « têtes de Turcs » sont Gambetta, Ferry et tous les chefs du parti « opportuniste ». Elu député de la Seine en 1885, il donne une fois de plus sa démission. Éternel opposant, l’ancien adversaire de Badinguet se rallie au général Boulanger, ce qui lui vaut d’être accusé de complot contre la République et condamné par contumace à la déportation perpétuelle (13 août 1889). De Londres, où il s’est réfugié, il continue à diriger l'intransigeant et à collaborer régulièrement au Gil Blas. Amnistié en février 1895, il rentre en France pour s’engager aussitôt dans les luttes de l’affaire Dreyfus : il est devenu nationaliste, militariste, antisémite et se trouve l’allié des cléricaux, des monarchistes et des bonapartistes ! Mais ce n’est déjà plus que le survivant prestigieux d’une époque révolue : avec Barrés et Maurras, l’opposition au régime se fait doctrinale et s’il y avait une chose dont Rochefort avait toujours été complètement dépourvu, c'était bien d’une doctrine. On ne lit plus guère ses romans, dont quelques-uns furent de grands succès mais ses volumes de souvenirs, De Nouméa en Europe, retour de la Nouvelle-Calédonie (1881) et Aventures de ma vie, autobiographie en cinq volumes (1895-96), restent des documents d’époque.
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- ROCHEFORT, Victor-Henri, marquis de Rochefort-Luçay, dit Henri (31 janvier 1830-1er juillet 1913) Ecrivain, homme politique Aristocrate sans fortune, il doit accepter un obscur emploi à l'Hôtel de Ville de Paris avant de collaborer à des journaux et d'écrire plus d'une dizaine de vaudevilles.
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