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RIGAUT de Barbezieux ou de Berbezill

RIGAUT de Barbezieux ou de Berbezill. Troubadour provençal. Né au château de Barbezieux, en Saintonge, vers 1150, mort probablement à Haro, en Biscaye, vers 1215. Contemporain des grands troubadours Bertran de Born, Arnaut de Mareuil et Giraut de Bornelh, sa biographie demeure très incertaine. Il vécut longtemps en Saintonge, voué à l’amour d’une dame qui était, dit-on, la fille de Jaufré Rudel, et la chanta en la nommant sa « Mieux que Dame ». Cet amour fut peut-être partagé, « mais jamais on ne crut qu’elle lui fit amour de sa personne ». Ses chansons lui acquirent du moins la célébrité; une autre châtelaine l’attira, le séduisit et l’envoya rompre avec sa Dame. Il le fit, mais lorsqu’il revint pour partager l’amour qu’on lui avait promis, la châtelaine lui reprocha son infidélité et le renvoya en disant que celui qui trahit une fois, on ne peut plus lui faire confiance. Désespéré, Rigaut gagna la forêt et s’y fit ermite. Les chevaliers, qui regrettaient sa compagnie et ses chansons, essayèrent d’obtenir son pardon; il fut accordé à la condition que cent jeunes seigneurs viendraient en compagnie de leurs dames demander la grâce de l’infidèle. Ainsi fut fait, du moins telle est la légende que rapporte, entre autres, l’une des nouvelles du Novellino, légende qui illustre bien les mœurs du temps. Pus tard, Rigaut se rendit à la cour de Champagne et y chanta Marie, comtesse de Champagne et fille d’Aliénor d’Aquitaine, mais sans doute n’eut-il pas grand succès, car son séjour fut de brève durée. Il gagna alors l’Espagne et s’installa à la cour de dom Lopez de Haro, le plus célèbre protecteur des troubadours de ce temps, et c’est probablement là qu’il demeura jusqu’à sa mort. Son œuvre connut un grand succès et une vaste diffusion à travers le Languedoc, la Provence et l’Italie, mais il ne nous en est parvenu qu’une dizaine de chansons. Elles sont considérées comme un véritable bréviaire de l’amour courtois, et peuvent passer pour le modèle classique de la poésie des troubadours — v. Les Bestiaires et Poésies .