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REZA CHAH PAHLAVI (1878-1944)

Chah d’Iran (1925-1941). La Perse ne s’est jamais trouvée aussi menacée qu’après la Première Guerre mondiale : la défense des intérêts nationaux repose sur des élites corrompues et une monarchie faible et très impopulaire. Le lundi 21 février 1921, les Cosaques persans prennent le contrôle de la capitale sans coup férir, non pas pour renverser la monarchie impériale, mais pour prendre le contrôle du gouvernement. Ce mouvement est dirigé par un journaliste, Seyyed Ziya, et par un militaire inculte, d’origine modeste, Reza Khan. Ce dernier est promu commandant des Cosaques, puis ministre de la Guerre en 1921, Premier ministre en 1923 et en 1925, une fois la dynastie des Kadjars destituée, puis chah d’Iran sous le nom de Pahlavi. Son ascension n’est possible qu’avec l’accord des bazari (commerçants) et de la hiérarchie religieuse, fort inquiète de la montée et de la victoire du laïcisme en Turquie et en Union soviétique. Après qu’il a donné des gages au clergé, les dignitaires chiites ne font pas d’obstacle à l’instauration d’une nouvelle dynastie. La politique de Reza Chah est une suite de mouvements contradictoires entre les gages donnés au clergé conservateur et les initiatives modernistes : il ne voudra jamais séparer la religion de l’État, mais prendra en même temps une série de mesures bouleversant les structures traditionnelles du pays. D'incontestables efforts sont menés pour poser les bases d’une économie moderne : abolition du régime des capitulations, le 10 mai 1928 ; nouvelle politique économique fondée sur l’intervention de l’État et sur la rente pétrolière ; réalisation d’une voie ferrée transiranienne longue de 1 400 kilomètres entre la mer Caspienne et le golfe Persique, probablement la pièce maîtresse de ses réalisations, même si son coût de revient et sa validité économique ont été fortement critiqués. Le paradoxe provient aussi du fait que cette voie, qui se voulait le symbole du renouveau national, a été utilisée initialement par des armées étrangères lors de la Seconde Guerre mondiale. Au niveau politique, l’appareil d’État est répressif et policier, mais on discerne la même volonté de modernisation et de laïcisation, sans rupture entre le pouvoir et le clergé : modernisation de l’administration, mise en place d’un système éducatif moderne, instauration d’un service militaire obligatoire, création d’un ministère de la Justice selon des normes européennes, occidentalisation des comportements et des tenues vestimentaires, changement du nom du pays (la Perse devient l’Iran en 1935). Les sympathies affichées avec le régime nazi et les atermoiements du chah dans sa collaboration avec les Alliés entraînent sa chute. Le 25 août 1941, l’Iran est envahi simultanément par les Soviétiques (au nord) et par les Britanniques (au sud) ; le 16 septembre, Reza Chah abdique en faveur de son fils Muhammad Reza et meurt en Afrique du Sud en 1944. De plus en plus détesté en Iran, cet homme joua pourtant un rôle essentiel pour le développement de son pays au xxe siècle ; certes, il l’étouffa sous le poids des réformes (la « révolution blanche » engagée à partir de 1962), mais le pacifia et le rendit relativement prospère.


REZA CHAH PAHLAVI (Sevad Kuh, 1878-Johannesburg, 1944). Shah d'Iran (1925-1941). Comme Mustafa Kemal en Turquie, il entreprit la modernisation, l'occidentalisation et la laïcisation de l'Iran. Issu d'une famille d'origine persane, et élevé dans la carrière des armes, il devint colonel du régiment iranien des cosaques. Convaincu de la démission du gouverne ment persan face aux intérêts anglais et russes, Reza Chah, nationaliste convaincu, organisa le coup d'État de 1921 puis déposa le dernier chah de la dynastie Qadjar (1796-1925) et se fit couronner en 1925, fondant ainsi la dynastie Pahlavi. Il modernisa l'armée, soumit à son autorité les tribus indociles et s'attacha à restaurer l'indépendance de son pays. Après avoir signé un traité de neutralité avec la Russie, il entreprit d'éliminer les ingérences économiques anglaises (limitation de la zone concédée à l'Anglo-Persian Oil Company) et s'attacha à faire de la Perse - devenue l'Iran en 1934 - un pays moderne grâce à l'aide de techniciens allemands et américains. Ses sympathies personnelles allant vers l'Allemagne hitlérienne et les régimes autoritaires, il dut abdiquer en faveur de son fils, Mohammad Reza lorsque les troupes soviétiques et britanniques pénétrèrent en Iran (août 1941), et fut exilé à l'île Maurice puis en Afrique du Sud. Voir Guerre mondiale (Seconde).

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