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RENAUDOT Théophraste

RENAUDOT Théophraste. Médecin et journaliste français. Né à Loudun (Vienne) en 1586, mort à Paris le 25 octobre 1653. Jeune encore il fit ses premiers essais chez un chirurgien-barbier, voyagea, puis se rendit à Montpellier pour y étudier la médecine; il y fut reçu docteur en 1606. En 1612, au risque de s’attirer des ennuis de la part de la Faculté de Paris qui ne tolérait pas sur sa place des diplômés des facultés de province, Renaudot vint dans la capitale pour y pratiquer son art. Cependant la haute protection du Père Joseph, l’« éminence grise », et de Richelieu, lui valut d’obtenir la charge honorifique de médecin et de secrétaire du roi. Il s’installa alors dans la maison du Grand Coq, rue de la Calandre. L’année même de son arrivée à Paris, il conçut le projet de fonder un établissement en faveur des pauvres; le roi accepta le projet, mais ce ne fut qu’en 1630 que Renaudot put ouvrir le premier bureau d’adresses et de placement. Son institution se développa rapidement, et des « succursales » furent fondées en province; Renaudot dressa alors son almanach des cinq cent mille adresses, le premier du genre; il fut nommé commissaire général des pauvres du royaume et intendant général des bureaux d’adresses. Puis, aux bureaux d’adresses, il joignit des bureaux de « ventes à grâce », les premiers monts-de-piété, calqués sur leur modèle italien, où il prêtait à 3 % sur toutes sortes d’objets. Enfin, dans son officine de Paris, il ouvrit un bureau de consultations gratuites et monta un laboratoire de chimie destiné aux élèves de la Faculté, ce qui ne manqua pas de lui attirer de sérieux ennemis. Cependant l’invention la plus originale et la plus importante de Théophraste Renaudot reste la création de la presse périodique. En effet, en 1631, il commença la publication d’un journal hebdomadaire, La Gazette, qui accordait la priorité aux nouvelles de l’étranger, et qui dès l'origine utilisa le système publicitaire. A dater de 1633 on y trouve les comptes rendus des conférences scientifiques tenues dans la maison même de Renaudot, qui à partir de 1635 prit la rédaction du Mercure Français. Renaudot atteignit alors au sommet de son activité et de sa célébrité que ne lui pardonnait toujours pas la Faculté de Paris. Aussi, en 1640, celle-ci se décida-t-elle à l’assigner devant le tribunal pour exercice illégal de la médecine, lui et ses collaborateurs, la plupart diplômés à Montpellier. Il ne dut alors qu’à la protection de Richelieu de gagner un premier procès; mais après la mort du cardinal, il fut à nouveau attaqué et condamné. Il fit appel devant le Parlement, où il fut soutenu par la Faculté de Montpellier; cependant, malgré sa défense acharnée, Guy Patin et la Faculté de Paris obtinrent sa condamnation le 1er mars 1644. Th. Renaudot mourut pauvre au Louvre, où il habitait en qualité d’historiographe du roi. Il était de religion protestante, fut marié probablement trois fois, et on lui connut quatre fils et trois filles. Nous citerons encore de lui un Abrégé de la vie et de la mort du prince de Condé (Henri II) (1647) et une Vie de Michel de Mazarin (1648). Théophraste Renaudot consacra sa vie à faciliter les relations humaines, à développer l’information, à répandre une thérapeutique nouvelle fondée sur la médication chimique et pourtant ses innovations ne devaient connaître un grand essor qu’en des temps où les structures sociales eurent rendu à la fois nécessaires et exploitables les institutions qu’il avait créées. Ajoutons que de nos jours Théophraste Renaudot a donné son nom à un prix littéraire français décerné annuellement.
♦ « Cacophraste Renaudot, ce nez pourri de gazetier, ce fripon hebdomadaire, de tous les bipèdes le plus méchant. » Guy Patin.


RENAUDOT, Théophraste (Loudun, 1586-Paris, 1653). Médecin et journaliste français, fondateur du premier journal français, La Gazette. Son nom a été donné à un prix littéraire fondé en 1925 -en même temps que le prix Goncourt - récompensant un auteur de romans ou de nouvelles.

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