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RATHENAU Walther

Homme politique allemand. En 1916, il dirigea l'Office des matières premières et, pour assurer la survie de l'économie allemande menacée par le blocus allié, il institua un « socialisme de guerre », subordonnant toute l'organisation économique et sociale aux besoins de l'État. Il prit position dès le début de la république de Weimar pour une reprise des relations avec les Alliés et pour une exécution des réparations de guerre imposées à l'Allemagne (Erfüllungspolitik). Ministre de la Reconstruction (1921), puis des Affaires étrangères (1922), il représenta l'Allemagne à la conférence de Gênes et signa avec Tchitcherine l'accord de Rapallo (16 avr. 1922), qui rompait l'isolement diplomatique de l'Allemagne. Poursuivi par la haine des nationalistes, il fut assassiné par deux membres de l'organisation secrète « Consul ».

Rathenau, Walther (Berlin 1867 -id. 1922) ; industriel et homme politique allemand. Fils du grand industriel et fondateur de la Société générale d’électricité (AEG), Émile Rathenau (1838-1915), R. poursuit des études de sciences naturelles et de philosophie. Docteur en philosophie, il travaille onze ans dans les usines électrotechniques de Neuhausen (Suisse) et Bitterfeld. Il entre en 1900 au comité directeur d’AEG et succède à son père à la présidence de l’entreprise. A un domaine d’activité très diversifié dans l’industrie et la finance - R. est temporairement propriétaire de la Berliner Handelgesellschaft et également conseiller et membre du conseil d’administration d’environ cent sociétés par actions - s’ajoute une riche œuvre littéraire. Sa réflexion sur le judaïsme débouche dès l’avant-guerre sur des réflexions philosophico-idéologiques, étroitement liées aux questions sociales et économiques (Sur la mécanique de l’esprit, 1913). La guerre mondiale le met pour la première fois au service de la collectivité, lorsqu’on le charge d’organiser le rationnement des matières premières au sein du ministère de la Guerre prussien, ce qu’il accomplit avec efficacité. Désigné par le gouvernement de Weimar pour collaborer en 1919 aux préparatifs de la conférence de Paix et en 1920 pour participer à la Commission de nationalisation, il commence une ascension politique qui - après qu’il eut participé à la conférence de Spa (1920) et à la préparation de la conférence de Londres (1921) - le fait accéder finalement, à l’initiative du chancelier Wirth, à un poste de responsabilité dans le gouvernement : ministre de la Reconstruction de mai à novembre 1921 et chef de la délégation allemande à Wiesbaden (oct. 1921) et à Cannes (janv. 1922), le 1er février 1922, il prend à contrecœur le ministère des Affaires étrangères dans le second cabinet Wirth. Grâce à ses capacités, l’outsider devient vite un interlocuteur reconnu par les puissance victorieuses, qui réussit à atténuer la méfiance à l’égard de l'Allemagne et à créer les conditions d’une atmosphère d’entente. On ne sait pas exactement dans quelle mesure, lui qui cherchait plutôt une entente avec l'Occident, est satisfait de la conclusion du traité de Rapallo avec la Russie soviétique à la conférence de Gênes (avr.-mai 1922). En Allemagne, il est en butte aux attaques des cercles d’extrême droite nationaliste antisémite qui le tiennent responsable de l’Erfüllungspolitik (politique d’exécution des réparations de guerre). Le 24 juin 1922, il est assassiné sur le chemin du ministère des Affaires étrangères par deux jeunes hommes, membres de « l’organisation Consul ». Cet assassinat, qui est également ressenti comme un attentat contre l’Etat de Weimar, soulève une énorme indignation et donne lieu à la promulgation d’un décret du président du Reich sur la défense de la République ; il ébranle considérablement la fragile confiance de l’étranger.




RATHENAU, Walther (Berlin, 1867-id., 1922). Industriel et homme politique allemand. Président du trust de l'électricité AEG, il devint en 1922 ministre des Affaires étrangères et signa le traité de Rapallo (avril 1922) avec la Russie soviétique prévoyant des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. Israélite, il fut assassiné peu après par des militants nationalistes et antisémites. Voir Weimar (République de).

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