RANSOM John Crowe
RANSOM John Crowe. Poète américain. Né à Pulaski (Tennessee) le 30 avril 1888, mort à Gambier (Ohio) le 3 juillet 1974. Fils d’un pasteur méthodiste, dans la tradition radicale (fundamentalist) du Sud, Ransom fait ses études aux Universités de Vanderbilt (Nashville) et d'Oxford (Angleterre). En 1914, il rejoint la section d’anglais de l’Université de Vanderbilt où il reste vingt ans, pour passer ensuite à Kenyon College, dans l’Ohio, où il occupe la Chaire de Poésie Carnegie et édite la Kenyon Review. A Vanderbilt, Ransom est au centre du groupe d’écrivains sudistes, farouchement regionalistes, qui se nomme « Les Fugitifs » (The Fugitive Group) et qui crée la revue The Fugitive (1922). Les Fugitifs « prennent parti » ensemble (dans l’ouvrage collectif Je prends parti, en 1930) pour la civilisation du Sud contre la barbarie et la vulgarité du Nord. Sudiste donc avant d’être Américain, Ransom est une de ces « personnalités divisées » dont parle Robert Penn Warren. Il est divisé aussi entre la poésie et la critique, et pendant longtemps il sera bien mieux connu comme critique que comme poète. Son nom est indissociablement lié à la théorie (un peu myope) de la Nouvelle Critique (titre d’un livre paru en 1941) qui est fondée sur une analyse formaliste minutieuse des textes. Vers la fin de sa vie pourtant, sa poésie commence à attirer plus d’attention, ce qui lui vaut la « National Book Award » en 1964. Malgré ses maniérismes, son ton un peu guindé, le pédantisme dont il sait aussi se moquer, et ses attachements surannés, Ransom ne perd jamais contact avec la réalité rugueuse, et son style possède une force idiomatique qui vient du sol même. De ses livres, poèmes et essais, il convient de citer Poèmes sur Dieu (1919), Coups de froid et coups de fièvre (1924), Deux Gentilhommes enchaînés (1926), Le Dieu sans tonnerre (1930), Le Corps du Monde (1938).
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