RAINIS Jânis
RAINIS Jânis (pseud. de Jânis Plieksâns). Poète letton. Né le 11 septembre 1865 au lieu-dit Varslavani, en Zemgalie, mort le 12 septembre 1929 à Riga. Il est le poète letton le plus universel. Il sut exprimer les rêves les plus audacieux de ses concitoyens dans des drames symboliques tels que Feu et nuit et Le Cheval d’or [1910]. Passionné par le destin de l’humanité dans les diverses nations du monde, il composa des cycles entiers de drames, dont Joseph et ses frères [1919]. Poète lyrique s’il en fut, il se montra d’une grande délicatesse en parlant de l’amour; esprit supérieur, il resta incompris et solitaire, même parmi les acclamations de la foule. Ses parents étant gens aisés, il put s’adonner aux études et à la littérature; à l’âge de quinze ans il traduisit en letton Boris Godounov de Pouchkine. Elève au lycée de Riga (1880-1883) il passa ensuite, en 1889, son doctorat en droit à Saint-Pétersbourg, où il eut l’occasion de pénétrer dans un milieu culturel très ouvert. Il fit partie du mouvement progressiste, alors fort à la mode, appelé en littérature le « courant nouveau ». De retour dans sa patrie, il choisit la carrière d’avocat et devint un des militants les plus importants du socialisme révolutionnaire, surtout en 1891, où il prit la direction du journal Dienas lapa [La Feuille du jour]. Pour pouvoir mieux étudier le problème social il se rendit en 1893 en Allemagne et en Suisse. Il fit vers cette époque la connaissance de Aspazija, poétesse lettone déjà célèbre par ses drames. Lorsqu’en 1897 il tut arrêté en raison de son activité politique et condamné à cinq années de déportation en Russie, Aspazija devint sa femme et lui fut d’un grand réconfort. En 1903, libéré, il put faire un court séjour dans sa patrie, mais la répression du mouvement révolutionnaire obligea les deux poètes à émigrer en Suisse. Ses quinze années d’exil inspirèrent au poète la plus belle de ses œuvres lyriques : Les Cinq Cahiers d’esquisses de Dagda [1921], histoire d’un exilé. En 1920, il fit un retour triomphal dans sa patrie libérée. Cette dernière période de sa vie fut extrêmement active. Les socialistes l’entraînèrent de nouveau dans la politique; les nationalistes le nommèrent Ministre de l’instruction publique; ses amis, en faisant sans cesse appel à son aide, lui firent perdre des heures précieuses mais Rainis, toujours actif, réussit cependant à composer plusieurs œuvres. D’autres demeurèrent inachevées ou à l’état d’ébauches. Il fut frappé d’une crise cardiaque dans sa villa des environs de Riga, Le peuple, uni dans le deuil, l’enterra solennellement et donna son nom au cimetière monumental de Riga. Ses Œuvres complètes parurent en 14 volumes à Riga (1947-1951).