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RAIMBAUT de Vaqueiras

RAIMBAUT de Vaqueiras (connu aussi sous le nom de Rambaud de Vachères). Troubadour provençal. Né entre 1155 et 1160 au village de Vaqueiras, dans le Comtat Venaissin, mort probablement en Macédoine vers 1210. Raimbaut était le fils d’un chevalier pauvre et devenu aveugle nommé Peirols; il apprit dès sa jeunesse l’art de composer des vers, art qui s’accompagnait alors d’études musicales, car les poèmes étaient pour la plupart chantés. Il débuta à la cour de Bertrand de Baux, et s’y fit remarquer en célébrant un tournoi qui eut lieu en 1177. Son protecteur périt au cours de la guerre qui l’opposait à Raimond V de Toulouse, et Raimbaut composa deux « sirventes » pour stigmatiser la lâcheté de l’ennemi et la faiblesse des alliés. Une brouille avec Guillaume IV d’Orange, fils de Bertrand de Baux, l’obligea à quitter la cour à laquelle il s’était attaché et à chercher asile auprès d’Aimar II, comte de Valentinois, lequel accueillait volontiers sur ses terres les poètes du temps, et se lia d’amitié avec Raimbaut qui conserva toujours pour lui un très fidèle attachement. La réputation de Boniface III, marquis de Montferrat, dont la cour s’ornait de tout ce que l’époque comptait de grands talents, attira ensuite Raimbaut qui s’y rendit vers 1193. Il ne tarda pas à s’y imposer. La belle Béatrix du Carret, sœur de Boniface III, régnait sur cette cour; Raimbaut en tomba éperdument amoureux. « Je suis pris, disait-il, comme perdrix à la tonnelle » ; il déclara son amour et la Dame l’accepta pour « chevalier et serviteur ».
Il avait entre-temps conquis l’estime du marquis et, toujours à cheval, l’accompagnait dans toutes ses guerres. Il ne s’occupa plus dès ce moment que de chansons, de guerre et d’amour, sa Dame ayant accepté qu’il fût plus que son « serviteur ». En 1204, à la mort du comte de Champagne, Boniface de Montferrat fut élu chef de la quatrième Croisade et Raimbaut, quittant à regret son amour, l’accompagna. La croisade finit dans le pillage de Constantinople au cours duquel Raimbaut et Boni-face, qui avaient vainement tenté de s’y opposer, eurent l’occasion de sauver Marguerite de Hongrie, veuve de l’empereur Isaac, et Agnès, fille de Louis VII, roi de France. Boniface épousa Marguerite de Hongrie et obtint le royaume de Thessalonique; ce fut alors que, pour lui rappeler ses services, Raimbaut lui adressa sa célèbre épître, qui est l’un des plus beaux morceaux de la littérature provençale. « Vous me devez, Seigneur marquis, écrivait-il, la récompense de trois serviteurs puisque vous trouvez en moi le témoin, le chevalier et le poète. » Boniface le dota de considérables propriétés en Macédoine, et Raimbaut se préparait à y goûter enfin le bonheur avec celle qui n’avait cessé d’occuper son cœur lorsque lui parvint, au début de 1204, la nouvelle de la mort de Béatrix. Des stances adressées à Aimar Il témoignent, avec une rare simplicité, de sa douleur. La mort de Boniface, tué par une flèche empoisonnée alors qu’il poursuivait les Bulgares, dut achever d’assombrir la vie de Raimbaut, mais nous perdons désormais sa trace. Il ne nous est parvenu de lui que vingt-huit pièces — v. Poésies — mais elles suffisent à assurer sa gloire. Son œuvre, l’une des plus belles que le Moyen Age nous ait transmises, est remarquable par sa délicatesse, sa concision et son harmonie.

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