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RACINE Louis

RACINE Louis. Ecrivain français. Né et mort à Paris (6 novembre 1692-29 janvier 1763). Septième et dernier enfant du grand poète, il fit ses études au Collège de Beauvais, sous le direction de Rollin. Tout jeune il commença à écrire des vers et, malheureusement, persévéra, malgré les sages conseils de Boileau. Louis Racine n’avait cependant point d’ambition vulgaire, puisque, à peine devenu avocat, il décida soudain de fuir le monde et fit retraite pendant trois années chez les Pères de l’Oratoire de Notre-Dame des Vertus. C’est alors qu’il écrivit son poème sur La Grâce; l’œuvre éveilla l’intérêt du chancelier Daguesseau, qui prit le jeune écrivain sous sa protection et le fit entrer, alors qu’il n’était âgé encore que de vingt-six ans, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Louis Racine fut successivement inspecteur général en Provence, puis directeur à Moulins, à Lyon, et à Soissons; il passa quinze ans dans cette dernière ville, de 1731 à 1746, occupant aussi le poste de directeur des gabelles. Résignant son emploi en 1746, il revint à Paris, décidé à se consacrer exclusivement aux lettres. Assez cultivé, connaissant parfaitement les langues anciennes, traducteur du Paradis perdu de Milton, auteur de plusieurs essais critiques dont la plupart ont été recueillis dans ses Réflexions sur la poésie (1747), Louis Racine, comme poète, manquait non seulement de génie, mais de verve. Une élégance appliquée, telle est bien la seule qualité de ses vers. Son grand poème sur La Religion (1742) n’en connut pas moins un succès durable et fut constamment réédité jusqu’au milieu du XIXe siècle. Frappé d’un coup terrible par la mort brutale de son fils au cours du célébré tremblement de terre de Lisbonne, il décida de se retirer de la société et alla habiter une petite maison de Saint-Denis. Cette vie de grande dignité, dans un siècle de plus en plus antireligieux, ne pouvait susciter que les sarcasmes des contemporains. Louis Racine ne peut cependant pas prétendre à la gloire d’auteur méconnu. Son goût était timide et étroit et l’œuvre la plus intéressante qu’il ait laissée demeure ses Mémoires contenant quelques particularités sur la vie et les ouvrages de Jean Racine, publiés en 1747 avec une Correspondance entre Racine et Boileau; touchants par leur piété filiale, ils sont toutefois assez incomplets.

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