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QUESNAY François

QUESNAY François. Médecin et économiste français. Né à Méré, près Montfort-l’Amaury (Yvelines), le 4 juin 1694; mort à Versailles, le 16 décembre 1774. Elevé dans une ferme, Quesnay connut les réalités de la vie campagnarde avant de savoir lire. Il n’apprit à lire, en effet, qu’à l’âge de dix ans et s’instruisait seul en latin et en grec, prenant également une teinture de philosophie et de mathématiques. Nommé maître en chirurgie, il s’établit dans cette profession à Mantes en 1718. Il s’y fit bientôt connaître non seulement par son habileté de praticien mais par un certain nombre d’ouvrages théoriques et fut chirurgien du duc de Villeroy, avant d’être chirurgien ordinaire du roi. Nommé, en 1737, secrétaire perpétuel de l’Académie de Chirurgie, il professa dans les écoles de chirurgie et en 1744, âgé de cinquante ans, se fit recevoir médecin. Aussitôt associé à la Faculté de Médecine de Paris, Quesnay reçut le titre de premier médecin ordinaire du roi. Louis XV, qui l’appelait le Penseur, l’appréciait si fort qu’il l’anoblit, lui donnant pour armes trois fleurs de pensée, accompagnées de la devise « Propter cogitationem mentis ». Par la suite, le médecin du roi prit une part active aux querelles qui s’étaient élevées entre la Faculté et le Collège de Chirurgie. Mais depuis longtemps Quesnay avait d’autres préoccupations dont témoignent ses œuvres, notamment l'Essai physique sur l’économie animale, traité de physiologie théorique qui ne manque pas d’aborder la question sous l’angle philosophique; c’est seulement en 1758 cependant que Quesnay mit au jour les observations qu’il avait pu faire sur l’économie rurale et dévoila les vues générales qu’elle lui avait inspirées, lorsqu’il fit paraître le Tableau économique suivi de Maximes et de Notes, publié à Versailles à un très petit nombre d’exemplaires et qui disparut bientôt de la circulation. Malgré son petit tirage, le Tableau connut un succès immense et Quesnay dut en donner dans le Journal d’Agriculture de juin 1766 un compte rendu détaillé. Enfin en 1768-1769 un disciple de Quesnay, Dupont de Nemours, publia, sous le titre la Physiocratie ou constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain, les nombreux écrits de caractère économique, déjà publiés ou inédits, de son maître. Ce n’est d’ailleurs pas Quesnay qui inventa le terme de physiocratie qui devait désigner le mouvement à l’origine duquel se trouvaient ses idées mais Dupont de Nemours. Quesnay, lui, avait repris à Montchrestien le terme d’économie politique, dont il peut être considéré à bon droit comme l’un des fondateurs. Le nom, trouvé par Dupont de Nemours, insistait sur un aspect particulier de la nouvelle théorie qui se proposait en effet de réformer la société selon les lois de la nature. On conçoit, étant donné le mouvement des idées en cette période du XVIIIe siècle, le succès que devait recueillir une telle tentative. Avec Gournay, Quesnay ne réclamait rien de moins que la liberté du travail et du commerce contre le mercantilisme qui triomphait depuis Colbert. Outre ces trois œuvres importantes, Quesnay avait encore publié plusieurs ouvrages de médecine : Réfutation du traité de Silva sur la saignée, la Préface des Mémoires de l’Académie de Chirurgie, enfin l'Histoire de la chirurgie (1744). Il avait de plus collaboré à l'Encyclopédie, où il rédigea les articles Grains, Fermiers, etc., au Journal de Physique, au Journal d’Agriculture, aux Ephémérides d’un citoyen, enfin à l’Ami des hommes du marquis de Mirabeau.
♦ « Quand il se tromperait sur tout, il ne peut être blâmé que par ceux qui ignorent que nous sommes presque toujours condamnés à passer par l'erreur pour arriver à la vérité. Nous devons beaucoup à ceux qui nous éclairent; nous devons aussi quelque chose à ceux qui cherchent à nous éclairer. » Diderot.
Quesnay, François (Méré 1694-Paris 1774) ; économiste français, chef de file des physiocrates.
L’école des Physiocrates, qui marque une réaction au mercantilisme et l’adhésion à la liberté économique, fondée sur l’agriculture et la circulation des produits, est composée d’un groupe de théoriciens et de doctrinaires particulièrement homogène où se distinguent Dupont de Nemours, Mirabeau, l’abbé Nicolas Baudeau, Le Mercier de La Rivière, mais aussi, d’esprit plus indépendant, Gournay et Turgot. Tous se rassemblent autour d’un chef de file, Q. Ce dernier fait d’abord profession de médecine : ses études médicales et chirurgicales achevées, il s’installe à Nantes en 1718, où il acquiert une grande notoriété. Il vient ensuite à Paris en 1727 où ses succès professionnels lui permettent de devenir le secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie en 1737, chirurgien ordinaire puis médecin du roi en 1752. Mme de Pompadour le protège et lui permet de réunir autour de lui à Versailles ses disciples. Il exprime ses idées dans des articles qu’il donne à l’Encyclopédie : les plus importants sont ceux sur les Grains et sur les Fermiers. En 1758 il écrit le Tableau économique et en 1760 ses Maximes générales du gouvernement économique d’un royaume agricole. Son système, qui est à la fois politique, économique et philosophique, part d’une vision du monde providentielle : voulu par Dieu, l’ordre du monde (l’ordre physiocratique) est immuable et échappe à l’action de l’homme. Ce dernier doit se contenter de retrouver les lois de la providence contenues dans l’univers. Dans le domaine économique l’essentiel est de favoriser l’agriculture, qui est en quelque sorte sacralisée. En effet seule la terre est susceptible de restituer aux hommes des richesses en abondance car elle produit plus qu’elle n’exige de travail. Dans le système de Q., la propriété foncière a un prestige qui s’attache à son origine divine. Pour lui, troubler la jouissance des propriétaires fonciers serait « un crime de lèse-majesté divine et humaine ». Donc le droit naturel consiste à garantir avant tout la propriété. L’Etat, dans une telle conception, est réduit au rôle de découvreur des lois naturelles et à la protection de la production agricole. En politique, il faut installer suivant la formule de Le Mercier de La Rivière un « despotisme légal », où le souverain se contente de régler un ordre économique immuable. Ce qui est rejeter et nier l’Histoire et son évolution. Réactionnaire et élitiste, cette conception politico-économique eut, à moyen terme, le mérite de souligner les besoins de l’agriculture et d’ouvrir la France aux prémices d’un libéralisme économique qui à la même époque apparaissait en Angleterre.
Bibliographie : F. Quesnay et la physiocratie, INED, 1958, 2 vol. ; G. Weulersse, Le Mouvement physiocratique en France (de 1756 à 1770), 1910, Paris/La Haye, 1968, 2 vol.; id., La Physiocratie à la fin du règne de Louis XV (1770-1774), 1959 ; id., La Physiocratie sous les ministères de Turgot et de Necker (1774-1781 ), 1950 ; id., La physiocratie à l’aube de la révolution (1781-1792), 1984.


QUESNAY, François (Méré, 1694-Versailles, 1774). Médecin et économiste français. Il fut l'inspirateur de l'école des physiocrates. Dans son Tableau économique (1758), il a démontré que la terre est source de la richesse et émis, le premier, l'idée de comparer le circuit économique à la circulation sanguine dans le corps humain.

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