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PROKOPOVÏTCH Théophane

PROKOPOVÏTCH Théophane. Prédicateur et homme d’Etat russe. Né à Kiev en 1681, mort à Saint-Pétersbourg le 8 septembre 1736. Après avoir terminé ses études au Séminaire et à l’Académie de Kiev, il se rendit à Rome où, pour pouvoir suivre les cours au Collège de Saint-Athanase, administré par les jésuites, il dut se faire catholique romain. Après avoir terminé ses études de théologie et de philosophie à Rome, il revient, en 1704, à Kiev et, redevenu orthodoxe, fut nommé professeur à l’Académie locale. Son érudition, rare pour l’époque, lui permit de composer un grand nombre de livres scolaires traitant de théologie, de philosophie, de rhétorique et même de versification. Il écrivit une « tragi-comédie » : Vladimir, dans laquelle, en traitant de la victoire du christianisme sur l’idolâtrie, il se révéla comme le défenseur enthousiaste des réformes de Pierre le Grand. Dans ses écrits comme dans ses prônes, Théophane Prokopovitch nie le droit, pour le clergé, de censurer la science profane, et préconise pour cette dernière la voie ouverte en Occident Far Bacon et Descartes. Pierre le Grand ayant fait venir à Saint-Pétersbourg et nommé évêque de Pskov, il devint le principal lieutenant de l’empereur pour tout ce qui concernait les affaires ecclésiastiques. C’est lui qui composa le Règlement ecclésiastique [1720], qui régit le statut des ecclésiastiques russes jusqu’aux derniers jours de l’empire. Nommé, en 1720, archevêque de Novgorod et, peu après, premier membre du Synode (situation équivalant à celle de Ministre des Cultes), il conserva son influence sous le règne de l’impératrice Anne, malgré de très nombreuses inimitiés, surtout dans le clan des évêques. Ses Sermons eurent une très grande influence sur le poète russe Kantemir, tandis que ses vues politiques influencèrent nettement l’historien V. N. Tatischtchev.

Prokopovitch, Théophane (Kiev 1681-Saint-Pétersbourg 1736) ; prélat russe.

P. est issu d’une famille de petits commerçants. Converti au catholicisme en 1698, il devient, après des études de théologie en Pologne et à Rome et un retour à la religion orthodoxe, professeur et recteur du collège ecclésiastique de Kiev, avant d’être appelé en 1716 à Pétersbourg par Pierre le Grand et nommé d’abord évêque de Pskov, puis peu après archevêque de Novgorod. Très cultivé, il connaît bien, comme beaucoup d’Ukrainiens, les idées du début du siècle des Lumières. Ouvert à elles, il deviendra le conseiller de Pierre le Grand dans sa lutte contre le clergé moscovite aux tendances conservatrices. Son œuvre capitale est le «Règlement ecclésiastique» (1720), qui transforme les ministres du culte en fonctionnaires et remplace le patriarche russe par un Saint-Synode de neuf membres conçu d’après le modèle protestant des Eglises territoriales. Dans ce document élevé au rang de loi par Pierre le Grand, comme dans plusieurs traités, en particulier dans le Droit de la volonté monarchique (1722) et dans le sermon Sur le pouvoir et l’honneur du tsar (1718), il se pose en défenseur de la réforme voulue par le tsar et en philosophe du despotisme éclairé et du droit naturel. Une partie essentielle de son action réside dans ses efforts pour réaliser l’éducation du peuple russe. Après la mort de Pierre, il lui faut avoir recours à des intrigues pour maintenir sa position, même si sa collaboration à l’œuvre du tsar lui assure une sorte de survie politique.

Bibliographie : P. Pascal, Histoire de la Russie, 1946.