PRIM Juan
Général et homme politique espagnol. Après s'être distingué dans les guerres carlistes, il participa en 1843 à l'insurrection contre Espartero et remporta, durant la guerre du Maroc (1859/60), la brillante victoire de Castillejos (1er janv. 1860). Fait marquis, il prit en 1862 le commandement du corps expéditionnaire espagnol au Mexique. Sa politique différa nettement de celle de Napoléon III ; il reconnut l'indépendance mexicaine et ordonna le retrait de ses troupes. Progressiste, il tenta, de 1864 à 1868, sept pronunciamientos, notamment celui du 22 juin 1866, à la suite duquel il dut fuir à l'étranger. Allié avec le général Serrano et l'amiral Topete, il réussit enfin, en sept. 1868, à renverser la reine Isabelle. Il prit, avec Serrano, la tête du gouvernement provisoire et fit écarter la république par la Constitution de 1869. Devenu président du Conseil, il se mit à la recherche d'un roi ; après le retrait de Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, il obtint l'acceptation d'Amédée, duc d'Aoste, fils du roi d'Italie. Mais il fut assassiné au moment où le souverain arrivait en Espagne.
Prim, Juan (Reus, Catalogne, 1814-Madrid 1870) ; général et homme politique espagnol. Ce jeune militaire, prototype du héros romantique dans l’histoire mouvementée de l’Espagne du XIXe siècle, se distingue dès la Première Guerre carliste (1833-1839), en luttant contre les partisans de don Carlos, frère de Ferdinand VII, qui n’acceptent pas la régence de Marie-Christine, troisième épouse du roi et mère de la jeune Isabelle. Lieutenant-colonel lorsque don Carlos se soumet et quitte l’Espagne (1839), il appartient au camp progressiste, quoique monarchiste convaincu, et déjà s’oppose à Espartero, qui vient d’évincer Marie-Christine et assume la régence. P. participe donc à l’insurrection de 1843 contre ce dernier, en dirigeant plusieurs soulèvements en Catalogne. Mais, tandis qu’Isabelle est proclamée majeure et que le modéré Narvàez s’impose au pouvoir, P. est accusé de complot et doit s’exiler, pour ne rentrer en Espagne qu’après la révolution de 1854. Il connaît alors de glorieuses heures militaires, pendant la guerre du Maroc (1859-1860) puis à la tête du corps expéditionnaire espagnol au Mexique, tout en organisant une série de vains pronunciamientos contre le pouvoir des modérés. En septembre 1868, après avoir élargi l’opposition en ralliant les démocrates, il dirige avec Serrano le soulèvement contre la reine, puis le gouvernement provisoire qui proclame les « libertés fondamentales ». Sous son influence antirépublicaine, les Cortès votent une Constitution très libérale, mais monarchique (1869) ; P., alors président du Conseil, se met en quête d'un roi, mais est assassiné en décembre 1870, quelques jours avant l’arrivée à Madrid d’Amédée de Savoie.