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PRIESTLEY John Boynton

PRIESTLEY John Boynton. Romancier, dramaturge et essayiste anglais. Né à Bradford dans le Yorkshire le 13 septembre 1894. Il fréquente d’abord une école de sa ville natale, puis il poursuit ses études à Cambridge. Ensuite il part pour la guerre : il sera trois fois blessé. Démobilisé, il se fait rapidement connaître par des articles vifs et drôles, médités mais écrits dans un style à l’emporte-pièce. Il publie des recueils de mélanges, agrandit son rayon de curiosité. Les volumes s’accumulent : une douzaine bientôt, dont deux romans — Adam au clair de lune (1927) est particulièrement remarqué. En 1929 c’est le succès, la gloire presque, grâce à un troisième roman, Les Bons Compagnons. Priestley y développe, sur un grand canevas, un roman picaresque aux nombreux épisodes fort divertissants. Puis paraissent de nombreux autres romans, qui n’obtinrent pas autant de succès. Peut-être touche-t-on ici à la faiblesse de l’auteur :il écrit trop. Cependant, dans cette abondance, la malice ne lui fait jamais défaut. Un peu magicien, Priestley croit aux tours que le temps nous joue, et en montre quelques-uns dans une suite de pièces dont la plus connue est sans doute Tournant dangereux [Dangerous Corner, 1932] et, peut-être, la plus significative Je suis déjà venu ici [I have been here before, 1937]. Ses romans diffus et lointainement renouvelés de Fielding et de Dickens peuvent faire place à des récits relativement brefs, comme Jours ardents, œuvre en partie autobiographique, tendre et truculente. Dans ce livre d’évasion, au sens radieux du mot, l’écrivain célèbre sa jeunesse dans sa ville natale (qu’il rebaptise Bruddesford). Priestley, auteur à l’entrain communicatif, et esprit inventif, abrite plusieurs hommes. Il faut compter, par exemple, avec le Priestley dans la tradition anglaise de l’essai, qui raconte — dirait-on — ce qui lui passe par la tête, avec bonhomie et drôlerie : ainsi dans Délices (1949), où l’écrivain se borne à évoquer son antique coupe-chou, ses pipes, ses bains d’homme paresseux et cent autres épisodes de la vie banale avec un relief étonnant. Voilà donc un bourru aimable. Où se tient-il, parmi nous, nos problèmes et nos drames contemporains ? Avant la dernière guerre, il était socialiste ou socialisant. La guerre venue, ses causeries du dimanche à la BBC furent extrêmement écoutées par un public populaire, car il y tenait, somme toute, le langage du sens commun. Après guerre, il fut sérieusement effrayé, semble-t-il, par les stupidités d’une « société de consommation » qui se projette toujours plus avant — mais vers quoi ? C’est la question qu’il se posait dans En redescendant l’arc-en-ciel, écrit au retour d’un voyage au Texas — et en collaboration avec sa seconde épouse, l’archéologue Jacquetta Hawkes. Priestley s'interroge aussi sur l’ample part d’imposture d’une éducation inspirée par le seul opportunisme : son roman préféré, Les Hommes de l’image [The Image Men, 1968] narre, en deux volumes, les intrigues de personnages en quête de capitaux pour créer un prétendu institut audio-visuel conçu par des zozos pour des gogos. Il faut dire enfin que Priestley est l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Jung et l’auteur d’un essai imposant, La Littérature et l’homme d’Occident (1960) où nos littératures sont expliquées dans leur contexte historique, avec une patience magistrale. Cet écrivain prolifique et drôle, cet érudit attentif, a publié plus de cent ouvrages et aidé ses contemporains à vivre, grâce a sa bonne volonté et à la vigueur de sa plume.

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