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PRÉVOST-PARADOL Lucien Anatole

PRÉVOST-PARADOL Lucien Anatole. Littérateur et publiciste français. Né à Paris le 8 juillet 1829, il se suicida à Washington le 11 août 1870. Fils de Mme Paradol (1798-1843), actrice fort applaudie à la Comédie-Française, il fut mis au Collège Bourbon où il se fit vite remarquer par sa maturité d’esprit, en même temps que ses condisciples Hippolyte Taine et Ludovic Halévy. En 1848, il obtint le premier prix du discours français et l’année suivante le prix d’honneur de philosophie. Admis à l’École Normale en 1849, il y fut le condisciple de Taine et passa son doctorat en 1855. Nommé à la Faculté d’Aix professeur de littérature, il obtint aussitôt un succès prodigieux. S’étant vu offrir, en 1856, d’entrer au Journal des débats, il donna sa démission, revint à Paris et dès lors se consacra tout entier au journalisme. Chargé de la rédaction du bulletin politique en raison de son libéralisme, il y fit preuve de tant de verve combative qu'il fut bientôt considéré comme un adversaire redoutable du Second Empire. Ayant, en 1860, publié un certain libelle (Anciens Partis), il fut traduit en police correctionnelle et condamné à un mois de prison. Rendu, par là, très populaire, il devint le collaborateur du fameux Courrier du dimanche où, bien plus encore qu’aux Débats, il pouvait harceler le régime despotique dont il avait la nausée. Afin d’entrer plus avant dans la politique, il voulut ensuite devenir député et posa sa candidature en 1863. Mais il essuya un échec. Deux ans plus tard, il s’en consola en entrant à l’Académie Française (1865). En 1868, il fit paraître La France nouvelle, sorte de résumé de son programme politique. Dès 1869, il cessa pourtant de se poser en adversaire irréductible du Second Empire, le ministère Ollivier ayant accordé, en effet, d’heureuses concessions au régime parlementaire. Ayant l’illusion que le gouvernement était tout acquis au libéralisme, il crut qu’il pourrait le servir et, dans ce but, consentit à faire partie d’une commission instituée par Odilon Barrot. Tant et si bien qu’il se vit offrir en fin de compte le poste de ministre plénipotentiaire à Washington (1870). Il devait bientôt le regretter : accusé d’apostasie par tous ses anciens amis, il fut loin d’être mieux reçu par la société américaine, très hostile à Napoléon III. Ayant enfin pris conscience de la fâcheuse situation dans laquelle il s’était mis, il résolut, à l’annonce de la déclaration de guerre, de se brûler la cervelle. Sans avoir laissé aucune œuvre supérieure, Prévost-Paradol n’en restera pas moins l’un des écrivains les plus remarquables de son temps. Passé maître dans l’art de l’ironie, il fut avant tout un grand journaliste. Citons : De la liberté des cultes en France (1858), Essais de politique et de littérature (1859), Nouveaux Essais de politique et de littérature (1862), Derniers Essais de politique et de littérature (1863). Au surplus, il s est révélé moraliste de haute classe, comme en témoigne son ouvrage intitulé Etudes sur les moralistes français (1864).

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