PRÉVELAKIS Pandélis
PRÉVELAKIS Pandélis. Poète et romancier grec. Né le 18 février 1909 à Rethymnon (Crète), où s’écoule toute sa jeunesse. C’est l’un des esprits les plus précoces de la « génération de 1930 » puisqu’il a 17 ans lors de sa première rencontre avec Kazantzakis, et moins de 20 lorsqu il publie un long poème intitulé Soldats [1928]. En 1933, il se rend à Athènes pour y suivre des cours de droit et de philosophie, formation qu’il enrichira par un séjour à Paris et des voyages dans toutes les grandes villes d’Europe. Durant cette période, il ne se manifeste que par des travaux d’esthétique (il consacre plusieurs ouvrages au Gréco et publie des articles sur l’art grec dans des journaux anglais) ou des traductions : Valéry, Claudel, Euripide, etc. Cette exigence, cette profonde culture, qui lui valent d’être nommé directeur des Beaux-Arts à Athènes en 1937, sont manifestes dans Chronique d’une cité (1938) qui marque le véritable début de son œuvre. Dans cette « mythistoire », comme il l’appelait lui-même, élaborée autour de la ville de Rethymnon il inaugure une prose poétique proche dé la tradition populaire et de ce que Kazantzakis entendait par le « regard crétois ». Comme pour son aîné, le roman, pour Prévélakis, a moins pour but de cerner l’âme de l’individu que celle de tout un peuple, et fait de la Crète le personnage essentiel de son œuvre. C’est ainsi qu’il publie Crète dévastée [1945] en prenant pour sujet le soulèvement historique de 1866, et surtout, de 1948 à 1950, la trilogie intitulée Le Crétois (L’Arbre, La Première Liberté, La Cité) avec le dessein d’incarner la population anonyme de l’île dans la figure centrale d’un combattant pour la liberté. Mais cela ne va pas toujours sans quelque raideur ou affectation et, dans ses derniers livres, Prévélakis revient sur ses ambitions pour se consacrer uniquement à la perfection de la forme (Le Pain des anges, 1967). D’inspiration crétoise, nous possédons encore Le Soleil de la mort (1959), peinture de mœurs brossée sur l’argument d’une « vendetta », et La Tête de Méduse (1963), qui retrace l’itinéraire spirituel d’un jeune homme jusqu’à son retour sur le sol natal. Prévélakis est également l’auteur d’une œuvre poétique, critique (consacrée à Kazantzakis) et théâtrale, pour laquelle il reçut plusieurs récompenses officielles.