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PREMCHAND

PREMCHAND (pseud. de Dhanpat Râî). Romancier et nouvelliste indien, de langues ourdoue et hindie. Le futur Gorki de la littérature hindie naquit le 31 juillet 1880 à Lamhî, petit village proche de Bénarès, dans une famille de pauvres kâyasths (caste de scribes) et mourut le 7 octobre 1936. De langue maternelle ourdoue, il débuta dans les lettres en publiant dans cet idiome un pamphlet nationaliste qui fut saisi par les autorités britanniques en 1908, puis il adopta progressivement le hindi afin de véhiculer son message au plus grand nombre de ses compatriotes. Sa vie et son œuvre sont en effet dominées par son engagement au service d’une double cause : la réforme de la société indienne et l’émancipation du joug colonial. Lorsqu’à l’appel de Gandhi lors du mouvement de non-coopération (1921), il renonce à son unique moyen de subsistance, il est l’auteur de deux romans appréciés : La Maison du service [1918], qui traite du statut de la femme et de la prostitution, et L’Ashram de l’amour [ 1921], critique virulente contre le système zamindari, qui inaugure un genre dont Premchand demeure le maître incontesté : l’épopée paysanne. Il se consacre dès lors à ses activités d’écrivain particulièrement fécond et de rédacteur de diverses revues, qui se confondent chez ce « soldat de la plumé » avec l’action politique. Président de la première session du rameau indien de la « Progressive Writers Association » en 1935, Prem-chand meurt l’année suivante, épuisé par une vie de durs combats contre la misère, les préjugés, le poids de la tradition. Contemporaine d’un moment décisif de l’histoire de l’Inde, l’œuvre de Premchand apparaît comme le reflet de ses aspirations, de ses tensions et de ses contradictions, tout en éclairant de l’intérieur l’idéologie du gandhisme, dont on ne saurait la dissocier. Ainsi s’explique la prédominance des thèmes utopiques qui jalonnent sa production : tantôt c’est le mythe de l’Age d’or qu’il s’agit de retrouver derrière les vicissitudes de l’histoire, tantôt le modèle idéal de la communauté de village dont il faut s’inspirer pour reconstruire une société aimante et fraternelle, libérée de ces tares que sont l’intouchabilité, l’exploitation des femmes, des paysans et des ouvriers, et la domination étrangère. La Scène [1925] montre l’effritement des valeurs traditionnelles lorsque s’installe au village l’usine des capitalistes coloniaux, La Terre des actes [1932], la montée irrésistible du sentiment national et le sacrifice héroïque de toute une génération; enfin, l’admirable Don de vache [ 1936] dépeint sous le jour le plus cru la misère paysanne. Outre une dizaine de romans, Premchand composa quelque trois cents nouvelles (réunies dans les huit volumes de Mânsarovar) qui constituent une véritable fresque de la société indienne de l’époque et qui témoignent de la rare maîtrise de l’écrivain ainsi que de la générosité de l’homme.