PRAIRIAL
Neuvième mois du calendrier révolutionnaire (20/21 mai-19/20 juin). Loi du 22 prairial an II (10 juin 1794). Loi renforçant le régime de la Terreur, proposée par Couthon, porte-parole des robespierristes. Après l'élimination des hébertistes et des dantonistes (mars/avr. 1794), elle prévoyait que le Tribunal révolutionnaire, à moins d'une décision d'acquittement, ne prononcerait plus d'autre peine que la mort ; l'instruction préalable était supprimée et les accusés pouvaient être condamnés sans qu'on entendît de témoins, sans qu'un avocat les défendît. Un dernier article permettait au Comité de sûreté générale d'envoyer les conventionnels eux-mêmes à la mort sans que l'Assemblée fût avertie et consultée ; mais cet article, voté d'abord comme les autres, fut supprimé le lendemain. Journées des 1er, 2 et 3 prairial an III (20, 21 et 22 mai 1795). Journées d'insurrection contre la Convention, provoquées par la misère et la famine qui accablaient le petit peuple. Entraînés par les sections jacobines de Paris, les émeutiers envahirent la salle de la Convention en demandant « du pain, la Constitution de 1793 et la liberté des détenus ». Un député, Féraud, fut tué, et sa tête présentée au président de la Convention, Boissy d'Anglas. Six députés montagnards, Romme, Goujon, Duroy, Duquesnoy, Bourbotte et Souvrany, constituèrent aussitôt, sous les yeux de la foule, un gouvernement provisoire. Mais, dans la soirée du 20, l'Assemblée fut dégagée par la garde nationale ; il fallut encore deux jours pour désarmer le faubourg Saint-Antoine. La Convention ordonna l'arrestation de treize de ses membres : les six députés cités plus haut, traduits devant une commission militaire, furent condamnés à mort (29 prairial, 17 juin). Ils tentèrent tous les six de se donner la mort en se frappant successivement du même couteau : Romme seul fut tué, les autres furent traînés agonisants à l'échafaud. Une sévère répression frappa les restes du parti jacobin, la garde nationale fut épurée, les sociétés populaires et les clubs furent fermés. Coup d'État du 30 prairial an VII (18 juin 1798). Nom donné improprement, car les formes légales furent respectées, au remaniement intervenu dans la composition du Directoire sous la pression des conseils - et notamment des néo-Jacobins, qui avaient la majorité aux Cinq-Cents. Trois directeurs, Treilhard, La Révellière-Lépeaux et Merlin de Douai, connus pour leur opposition aux Jacobins, furent contraints de donner leur démission et remplacés par Gohier, Roger Ducos et le général Moulin.
PRAIRIAL AN II (Loi du 22 = 10 juin 1794). Lors de la Révolution française, loi renforçant le régime de Terreur proposée par Couthon, porte-parole du Comité de Salut public dominé par Robespierre. Le Tribunal révolutionnaire ne pouvait prononcer d'autre peine que la mort et les accusés pouvaient être condamnés sans instruction préalable, ni audition de témoins ou d'avocats.
PRAIRIAL AN III (Journée du 1er = 20 mai 1795). Nom donné lors de la Révolution française, à l'insurrection jacobine et populaire à Paris contre la Convention thermidorienne alors dirigée par Boissy d'Anglas. Elle fut provoquée par la misère et la disette consécutives à une importante hausse des prix, due à la grave dépréciation des assignats. Entraînés par les sections jacobines de Paris (faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau), les émeutiers, aux cris de « du pain et la Constitution de l'an I » (Constitution de 1793) envahirent, le 20 mai 1795, la Convention, assassi nant l'un de ses membres. Quelques montagnards tentèrent de restaurer le gouvernement révolutionnaire, mais l'insurrection dans les faubourgs fut écrasée par l'armée. Une sévère répression toucha ce qui restait du parti jacobin. Plusieurs dizaines de députés montagnards furent exclus de l'Assemblée. La garde nationale fut épurée et ne comporta plus que des bourgeois aisés, les sociétés populaires et les clubs furent fermés. Voir Germinal an III (Journée du 12), Jacobins (Club des).