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PRADON Nicolas

PRADON Nicolas. Poète tragique français. Né à Rouen (Seine-Maritime) en 1632, mort à Paris le 14 janvier 1698. Venu jeune dans la capitale et fort ambitieux, il fit la connaissance de Mme Deshoulières et fut introduit par elle à l’hôtel de Bouillon et à l’hôtel de Nevers, où il sut plaire par son talent de versificateur. Féru avant tout de tragédie, il y débuta peu après avoir atteint la quarantaine en donnant Pyrame et Thisbé (1674). S’étant fait fort acclamer par des adversaires de Racine, il voulut alors se poser en rival de ce dernier et fit jouer, en 1676, Tamerlan ou la mort de Bajazet. Ayant, là encore, obtenu quelque succès, il crut que son heure était venue : soutenu parla duchesse de Bouillon, le duc de Nevers et quelques autres, il écrivit une Phèdre destinée à faire concurrence à celle de Racine — sous le titre de Phèdre et Hippolyte (1677). D’où la fameuse cabale qui tint en haleine tout Paris. On en sait les péripéties : ayant loué tout à la fois la salle où se jouait Pradon et celle où se jouait Racine, les ennemis du grand poète s’arrangèrent pour laisser vide cette dernière afin de faire de Pradon le maître de l’heure. Ce dernier fut cruellement puni de son insigne déloyauté. Ayant vu, en fin de compte, sa Phèdre tomber à plat devant celle de Racine, il dut alors essuyer tous les sarcasmes, à commencer par ceux de Boileau. Il eut pourtant le courage d’écrire d’autres tragédies : La Troade (1679), Statira (1680), Régulus (1688) et Scipion l’Africain (1697). Ces quatre pièces et les trois précédentes composent toute son œuvre dramatique. Elles ont été réunies dans le recueil des Œuvres de Pradon (1774, deux volumes in-12).
♦ « Toute la différence qu’il y a entre Pradon et moi, c ’est que je sais écrire. » Racine.

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