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POZZO DI BORGO Charles André, comte

Homme politique russe, d'origine corse. Avocat à Ajaccio, il servit de secrétaire à Paoli (v.), représenta la Corse à l'Assemblée législative (1792), puis, ayant livré avec Paoli la Corse aux Anglais, il devint président du Conseil d'État corse (1793/96) et secrétaire d'État auprès du vice-roi Eliott. Obligé de s'enfuir au retour des Français (1796), il passa en 1803 au service de la Russie et fut l'un des adversaires les plus acharnés de son compatriote Napoléon. Écarté par Alexandre Ier sur la demande expresse qu'en fit Napoléon à Tilsit, il obtint pour l'Angleterre l'alliance de Bernadotte. Rappelé en Russie en 1813 et nommé général, il travailla en 1814 à la déchéance de Napoléon et fut envoyé par le tsar auprès de Louis XVIII, auquel il conseilla d'accepter de gouverner avec une charte. Délégué au congrès de Vienne, il devint ambassadeur russe à Paris (1815/34), où il exerça son influence contre les ultraroyalistes et la politique de Metternich. Il fut ensuite ambassadeur du tsar à Londres (1834/39) et revint terminer sa vie à Paris. On a publié sa Correspondance diplomatique avec Nesselrode (1890/97).

Pozzo di Borgo, Charles-André, comte de (Alata, près d’Ajaccio, 1768-Paris 1842); diplomate d’origine corse, au service de la France et de la Russie.

Noble natif d’Alata en Corse, P. a servi successivement la France, la Corse de Paoli, l’Angleterre, et pendant près de quarante ans la Russie, au long d’une carrière diplomatique marquée d’une farouche hostilité à Napoléon Bonaparte dont il fut plus jeune l’ami, mais dans l’ensemble dévouée aux intérêts français. Il étudie au collège royal d’Ajaccio et à Pise. Délégué proche de Mirabeau puis député de la Corse auprès des assemblées de la Révolution, il rentre après la chute du roi et intrigue avec succès pour faire de la Corse un protectorat britannique. Secrétaire d’État de Paoli, il collabore étroitement avec le vice-roi Sir Gilbert Elliot qu’il accompagne à Vienne en 1798 au départ des Anglais, avant d’entrer au service du tsar Alexandre Ier, où il joue un rôle important et délicat dans la constitution des grandes coalitions anti-napoléoniennes, puis de servir comme général dans l’armée russe. Nommé ambassadeur de Russie en France à la chute de Napoléon, il le reste jusqu’en 1835 et se fait désormais auprès du tsar comme au Congrès de Vienne l’interprète des intérêts français. Louis XVIII, qu’il a suivi à Gand durant les Cent-Jours, le fait comte et pair de France. Transféré par Nicolas Ier à la tête de l’ambassade de Londres, il argue de son état de santé pour se retirer en 1839, après la signature du traité garantissant la neutralité belge, à Paris où il meurt en 1842.

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