POUGATCHEV Iemelian Ivanovitch
Chef d'une très grande révolte paysanne du XVIIIe s. Cosaque du Don, il fut emprisonné comme « vieux-croyant ». Après sa libération, en se faisant passer pour le tsar Pierre III sauvé de la mort, il déclencha en sept. 1773 un puissant mouvement de protestation paysanne. Il rallia les Cosaques de l'Oural et du Don et les populations non russes de ces régions, Bachkirs et Kirghizes, qui combattaient le servage aux côtés des paysans russes. La révolte, partie de l'Oural, s'étendit à l'O. vers Tambov et Nijni-Novgorod, au N. jusqu'à la région de Perm, à l'E., jusqu'en Sibérie. Les révoltés, qui se livraient à des violences contre les propriétaires terriens, exigeaient la suppression du servage, du service militaire et des impôts et créèrent une cour et une administration propres aux régions qu'ils dominaient. Après la prise de Kazan par Pougatchev (24 juill. 1774), on put même craindre une révolte des serfs de Moscou. Mais Pougatchev qui manqua de résolution au moment décisif finit par être livré à Souvarov (v.) par ses compagnons, contre une somme de 100 000 roubles. Mis dans une cage de fer, il fut ramené à Moscou et décapité. Cette jacquerie inspira les réformes administratives de 1775, l'extension du servage à l'Ukraine et la suppression des dernières franchises cosaques (disparition de la Sietch des Cosaques Zaporogues (v.)).
Pougatchev, lémélian Ivanovitch (Zimoïeskaïa v. 1742-Moscou 1775); révolutionnaire de l’Empire russe.
Cosaque du Don tout comme Stenka Razine, P. est, presque exactement cent ans après, le chef de la troisième grande insurrection de cosaques et de paysans qu’ait connue l’Empire russe, celle de 1773-1774, qui est aussi la plus vaste et la plus violente. Représentant typique du milieu cosaque, et adepte du schisme de Raskol, P. participe d’abord dans l’armée russe à la guerre de Sept Ans et à de nombreuses autres campagnes. Il déserte, est fait prisonnier, mais s’enfuit à temps pour échapper aux travaux forcés, et se met à la tête d’une mutinerie tout d’abord locale des cosaques du Iaïk (Oural), en prétendant être Pierre III, l’époux assassiné de l’impératrice Catherine II. Sans être une personnalité vraiment marquante, il devient alors le point de ralliement de tous les cosaques insatisfaits du régime imposé par Saint-Pétersbourg, et qui espèrent récupérer leur traditionnelle démocratie, ainsi que des vieux-croyants, qui aspirent à la liberté de religion et de culte. Malgré quelques succès isolés des troupes gouvernementales, l’insurrection se propage comme un incendie, soulevant les populations non russes des régions du Don et de l’Oural (Bachkirs et Kirghizes) ainsi que les paysans amenés à travailler dans les industries métallurgiques de l’Oural, alors en pleine expansion. La révolte reflue ensuite vers l’ouest, attirant dans son sillage les paysans opprimés par le régime du servage. P., qui se constitue une véritable cour et fait publier par sa propre chancellerie des oukases et des manifestes « au nom du tsar », invite les serfs à tirer vengeance de toutes leurs souffrances, à abattre les seigneurs domaniaux et à s’emparer de leurs biens. La prise de Kazan par P. (juill. 1774) fait craindre une extension de la révolte paysanne à la région de Moscou. Mais au sommet de la crise, le gouvernement récupère, après la signature de la paix de Kütchük-Kaïnardji avec la Turquie, une puissante armée régulière qui, sous le commandement de Piotr Panine, frère de Nikita Panine, conseiller et ministre des Affaires étrangères de Catherine II, réduit dans le sang le soulèvement en quelques mois. P. est livré par un de ses subordonnés et décapité publiquement à Moscou au début de l’année 1775. L’insurrection de P. qui a inspiré de nombreuses oeuvres littéraires, parmi lesquelles la tragédie de Gutzkow Pougatchev (1846) et le récit de Pouchkine La Fille du capitaine, détruit l’image de despote éclairé que Catherine II a voulu donner à l’Occident. Elle déclencha le grand débat sans cesse réouvert sur la question paysanne en Russie, débat qui devait connaître un premier grand moment, quelques années plus tard, avec la publication du célèbre Voyage de Pétersbourg à Moscou de Radichtchev (1790). Bibliographie : R. Portai, « Une révolution manquée », dans Etudes d'Histoire moderne et contemporaine, 1947 ; P. Pascal, La Révolte de Pougatchev, 1971.
POUGATCHEV ou POUGATCHIOV, Iemelian Ivanovitch (Zimoveïskaïa, v. 1742-Moscou, 1775). Révolutionnaire cosaque, chef d'une importante insurrection paysanne (1773-1774) sous le règne de Catherine II la Grande. Emprisonné pour désertion après avoir participé à la guerre de Sept Ans contre la Prusse, et à la guerre russo-turque (1768-1774), Pougatchev, se faisant passer pour le tsar Pierre III miraculeusement réchappé de la mort, déclencha à partir de l'Oural un puissant mouvement antiféodal, promettant aux paysans l'abolition du servage. La révolte fit rapidement tache d'huile et embrasa tout le bassin de la Volga, ralliant les Cosaques de l'Oural et du Don, les populations non russes et les serfs de ces régions. Se livrant à des violences contre les propriétaires fonciers, les insurgés, après la prise de Kazan ( 1774), menacèrent Moscou. Cependant, Pougatchev, talonné de près par les troupes de Catherine II et abandonné de ses compagnons, fut capturé, amené à Moscou et décapité. Cette insurrection provoqua les réformes administratives de Catherine II destinées, entre autres, à étouffer toute tentative de révolte. Cette insurrection devait être la dernière des grandes insurrections paysannes.
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