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POMPÉE, Cneius Pompeius Magnus

Général et homme politique romain. Il soutint Sylla contre Marius et battit les partisans de ce dernier en Sicile et en Afrique (83). Il termina la guerre contre Sertorius (77/72) dans la péninsule Ibérique. Il pacifia le territoire et s'y assura des appuis solides. Sa popularité fut encore accrue par sa victoire sur Spartacus et son armée d'esclaves révoltés (71). Grâce à l'appui de la plèbe, il partagea, illégalement, le consulat avec Crassus. Une loi lui attribua des pouvoirs exceptionnels pour éliminer la piraterie qui ravageait la Méditerranée (67). À la suite du succès rapide de son intervention, il poursuivit son action en Orient. Il acheva la guerre contre Mithridate (66), conquit l'Asie Mineure, la Syrie et la Palestine, où il prit Jérusalem (63). De retour à Rome, mais bientôt relégué à l'écart par le Sénat, qu'inquiétait son prestige, Pompée forma en 60, avec Crassus et César, le premier triumvirat, renouvelé en 56. La mort de Crassus en 53 laissa Pompée seul face à César. Alors que César était en Gaule, Pompée fut nommé seul consul en 52 et, en 50, il fit lancer un sénatus-consulte qui sommait César d'abandonner son armée, alors que lui-même gardait ses légions et ses provinces ; ce fut le signal de la guerre civile. Vaincu à Pharsale (48), Pompée se réfugia en Égypte, où le jeune Ptolémée XIII, craignant César, le fit assassiner.

Pompée. Cnaeus Pompeius Magnus (106-48 av. J.-C.) ; général et homme d’État romain.

Dans l’état-major de son père, Pompée Strabo, général qui s’illustre dans la guerre des Alliés et devient consul en 89, le jeune P. fait ses premières armes. Soldat brillant et doué, il recrute en Picenum, dans la clientèle de son père, une armée privée de trois légions qu’il met à la disposition de Sylla en 83 afin de réduire les derniers partisans de Marius. Ainsi il anéantit les ultimes groupes du parti populaire qui résistaient en Étrurie, en Sicile et en Afrique. Contre toutes les lois, Sylla doit accorder un triomphe (80 ou 81) à ce jeune homme de 27 ans. P. n’a encore jamais occupé de fonctions publiques, il est chevalier mais ses troupes l’ont acclamé imperator et baptisé Magnus (à l’imitation d’Alexandre le « Grand »). Lorsqu’après la mort de Sylla, le parti populaire se réveille en Italie avec le démagogue Lépide, et en Espagne avec l’habile Sertorius, P. neutralise le premier en Étrurie (77) et met fin à l’action du second sur ordre du Sénat (76-71), pacifie en partie le pays et s’y crée une clientèle. Au retour d’Espagne, P. érige un trophée au col du Pertus, traverse la Gaule du Sud, accepte de devenir le patron de Marseille et anéantit, en Italie, les restes de l’armée des esclaves de Spartacus. Au second triomphe, succède en 70, avec Crassus, le consulat - sans avoir exercé d’autres magistratures au préalable. Un accord du Sénat avait donné à sa candidature un semblant de légalité. Il restaure alors la totalité des pouvoirs des tribuns de la plèbe supprimés par Sylla, se rallie au parti populaire et favorise les chevaliers. Deux ans plus tard, avec l’appui d’un jeune sénateur (César). P. obtient un pouvoir exceptionnel pour lutter contre les pirates qui, en mer Egée plus spécialement, perturbaient toutes les relations maritimes. En 67, il reçoit donc un commandement suprême pour trois ans sur toutes les mers et sur toutes les côtes (jusqu’à 70 km à l’intérieur des terres), du Bosphore jusqu’au détroit de Gibraltar. Jamais, à Rome, un imperator n’avait réuni de tels pouvoirs. Une occasion de prouver à nouveau ses qualités militaires et son sens de l’organisation : en trois mois (mars-mai 67), les mers sont nettoyées, les pirates traqués jusque dans leurs repaires de Crète et de Cilicie. En 66, une loi lui confirme son imperium et le charge de mener la guerre contre Mithridate VI, à la place de Lucullus. Engrangeant les résultats de son prédécesseur, en deux ans (66-64) il vient à bout du roi du Pont, tient à Amisos une cour de douze rois, abat la dynastie séleucide en Syrie et pousse jusqu’à Jérusalem qu’il prend (63). « Bâtisseur d’Empire », il réorganise l'Orient, y crée des provinces que protègent un chapelet d’Etats clients. Après avoir vaincu quatorze nations, il rentre à Rome (62) qu’il trouve affaiblie par de graves troubles intérieurs. Pour éviter de rallumer la guerre civile, il licencie son armée mais se prive ainsi d’un moyen de prise de pouvoir. En septembre 61, il célèbre le plus grand et le plus fastueux triomphe que l’on ait vu. Il l’accompagne par la construction d’un somptueux complexe architectural, le « théâtre de Pompée » que couronne un temple à Vénus Victrix. Pourtant P. se trouve seul, suspecté par tous les partis. Il ne lui reste plus que la solution de s’entendre avec César, le chef des populares (dont il devient en 59 le gendre) et avec le très riche Crassus : se forme ainsi le premier triumvirat, pacte privé (60) qui est précisé et mis en forme à Lucques, en 56. Il doit à cette coalition la ratification de ses actes en Orient, un deuxième consulat en 55 (avec Crassus) et l'administration des deux Espagnes pour cinq ans, mais il reste à Rome. Dans la confusion de l’année 52, il est élu consul unique. Après la dissolution de fait du triumvirat (mort de Crassus en 53, mésentente des deux autres partenaires), le pouvoir croissant de César le rapproche du parti sénatorial. Par de petites habiletés mêlées à beaucoup de présomption, P. et le Sénat poussent César à prendre les devants. Lorsqu’il franchit le Rubicon (janv. 49), P., à la tête de l’armée républicaine depuis 50, comprend qu’il ne peut affronter les forces césariennes. Il quitte l’Italie avec la majorité des sénateurs, de très nombreux chevaliers (7 000) et cinq légions. Installé en Grèce, il réunit une armée et réquisitionne une importante flotte. En 48, César débarque en Epire et frôle le désastre à Dyrrachium surpris par la manoeuvre brillante de P. Le choc décisif a lieu à Pharsale (9 août 48). P., qui ne le souhaitait pas, cède aux nobles qui rêvaient d’en découdre. Il est battu, s’enfuit en Asie, se rend en Égypte où un centurion romain le tue avant même qu’il ait pu aborder le rivage. On dit que César pleura quand les Égyptiens lui apportèrent la tête de P.

Bibliographie : J. van Ooteghem, Pompée le Grand, Bruxelles, 1954.




POMPÉE (106-Péluse, 48 av. J.-C.). Général et homme politique romain. Soutenu par le Sénat, il s'opposa à son rival Jules César, plongeant à nouveau la République romaine dans une guerre civile. Lieutenant de Sylla, il battit les partisans de Marins en Sicile et en Afrique, ce qui lui valut un triomphe et le titre de Grand qui lui resta. Après avoir pacifié l'Espagne puis écrasé les derniers partisans de Spartacus (chef d'esclaves révoltés), le général vainqueur, rendu puissant par ses succès militaires, fut élu consul avec Crassus (70 av. J.-C.) avant d'avoir atteint l'âge légal et sans avoir accompli une carrière des honneurs régulière. Apparaissant bientôt comme l'homme providentiel dans la crise du régime républicain, il se fit donner par le Sénat des pouvoirs extraordinaires d'abord pour lutter contre les pirates puis lors de la guerre contre Mithridate, roi du Pont. Il réussit en quelques années (66-61 av. J.-C.) à faire passer la plus grande partie de l'Asie Mineure et de l'Orient méditerranéen sous l'autorité romaine. Certain par ses mérites exceptionnels de devenir le maître de Rome encore troublée par la conjuration de Catilina, Pompée n'eut pas recours au coup de force militaire, licencia ses troupes, espérant obtenir du Sénat un pouvoir légal. Mais il avait surestimé son prestige et fut contraint de former avec Crassus et Jules César le premier triumvirat (60 av. J.-C.) qui, renouvelé en 56 av. J.-C., s'accompagna d'un véritable partage du monde romain dans lequel Pompée obtint l'Afrique, l'Espagne et Rome. La mort de Crassus (53 av. J.-C.) laissa Pompée seul en face de César. Doté des pleins pouvoirs par le Sénat, il ordonna à César alors en Gaule d'abandonner son armée mais s'opposa à un refus : ce fut le début d'une nouvelle guerre civile. En 49 av. J.-C., César franchit le fleuve Rubicon, limite de sa province, provoquant la fuite de Pompée en Grèce. Celui-ci fut vaincu à Pharsale (48 av. J.-C.) et tenta de se réfugier en Égypte où il fut assassiné. César, après avoir triomphé des partisans de Pompée en Afrique et en Espagne, devint à partir de 45 av. J.-C. le seul maître du monde romain.

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