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PLINE l’Ancien

PLINE l’Ancien (Caius Plinius Secundus). Né à Côme entre le 25 août 23 et le 24 août 24 ap. J.-C., mort le 24 août 79. C’est surtout par les Lettres de son neveu Pline le Jeune que nous connaissons la personnalité de cet éminent naturaliste. Suétone avait écrit une biographie de Pline l’Ancien dans ses Hommes illustres; malheureusement nous n’en possédons qu’un résumé schématique. Caius Plinius Secundus est né à Côme, riche municipe situé sur la rive sud du lac qui aujourd’hui porte le même nom et s’appelait alors le lac Larius. Sa famille appartenait à la riche bourgeoisie provinciale qui commençait alors à jouer un rôle éminent et il est probable que quelques-uns de ses parents figuraient déjà dans l’ordre équestre. Nous ne connaissons rien de la vie de Pline avant ses débuts dans la carrière équestre comme officier de cavalerie. Il est tout d’abord préfet d’une cohorte auxiliaire de Thraces, puis préfet d’une aile de la cavalerie. Il semble qu’il ait participé aux campagnes contre les Chauques, puis contre les Chattes (50-51). On trouve sa trace à Xanten, en Rhénanie, mais il parcourut, au cours des années passées à l’armée, une grande partie de la Germanie, des sources du Danube à l’embouchure du Rhin. En 52, Pline semble libéré du service, car il assiste, en cette année, à une cérémonie qui eut lieu sur le Tibre. Il est probable que, dès cette époque, Pline accumulait des notes de toute sorte sur les contrées où il séjournait. Il en tire déjà profit dans trois ouvrages qu’il entreprit alors : Sur Part de lancer le javelot à cheval, la Vie de Q. Pomponius Secundus, chef capitaine et poète qu’il avait bien connu, enfin un long travail qu’il continua par la suite et qui devait comprendre vingt livres, les Guerres de Germanie. Nous perdons sa trace dès son retour en Italie (vers 52). Il semble que, jusqu’à 70, année de l’avènement de Vespasien, il se soit tenu à l’écart. Et ce silence s’explique probablement par les risques que couraient les esprits libres et en vue sous le règne de Néron (54-69). C’est à l’étude de la rhétorique et de la grammaire que Pline semble alors surtout s’être consacré. Il publie un ouvrage en trois volumes sur la formation de l’orateur, le Studiosus, et huit livres sur les Incertitudes du langage. Il n’est pas impossible qu’il ait exercé pendant Quelque temps le métier d’avocat. En 61 ou 62, naît le second fils de sa sœur que Pline devait adopter et qui fut son élève, Pline le Jeune. Il semble qu’après 70, Pline l’Ancien ait repris sa carrière officielle interrompue. L'Histoire naturelle montre une connaissance directe des choses de l’Orient et il est probable que c’est dans ces années-là que Pline s’y rendit, il est fort possible qu’il ait même participé à la guerre entreprise par Titus contre les Juifs. Pline y aurait joué le rôle de sous-procurateur du chef d’état-major général, Tiberius Julius Alexander. Pline occupa ensuite selon toute vraisemblance des charges administratives d’une certaine importance. Nous savons par une lettre de Pline le Jeune (Ep. III, 5, 17) que son oncle fut procurateur financier de l’Espagne tarraconaise et une inscription indiquerait qu’il exerça les mêmes fonctions en Syrie. Ce qui est certain, c’est qu’au cours des années 71-74/75, Pline voyagea beaucoup, et en particulier en Afrique, en Narbonnaise et en Belgique. Toutefois, ces déplacements et ces fonctions ne devaient pas l’empêcher de rassembler des matériaux pour des œuvres à venir puisqu’en Espagne sa documentation fut évaluée à prix d’or. Vers 74, Pline atteint le rang de commandant dans une légion mais on ne sait exactement ni la nature de son emploi ni le lieu où était cantonnée son unité. Enfin, probablement peu après, il est appelé à la cour impériale et chargé de hautes fonctions qui le mettront en contact direct et quotidien avec l’empereur Vespasien. Selon J. Beaujeu, il s’agirait de la direction d’un des cinq bureaux de l’administration centrale et plus précisément soit du bureau des suppliques qui recevait les demandes adressées à l’empereur et y répondait, soit du bureau des études, lequel fournissait au souverain la documentation indispensable pour prendre des décisions sur les affaires en cours. Ces absorbantes attributions ne semblent guère avoir ralenti l’activité personnelle de Pline. C’est en effet alors qu’il rédige ou termine l'Histoire contemporaine en trente et un livres, aujourd’hui perdus, mais dont Tacite s’est certainement servi, et les trente-sept livres de l'Histoire naturelle, dédiés au prince héritier Titus en 77. Si l'Histoire contemporaine ne fut certainement publiée, selon sa volonté, qu’après la mort de son auteur, il est fort possible qu’il en ait été de même de l'Histoire naturelle. Au vrai, nous sommes beaucoup mieux renseignés sur la mort de Pline que sur sa vie. Une lettre de son neveu (Ep. VI, 16) nous en donne un récit circonstancié. En 79, Pline l’Ancien a alors cinquante-cinq ans, il est commandant de la flotte de Misène et réside dans ce port où il reçoit fréquemment les visites de sa sœur et du fils de celle-ci qu’il chérissait comme son propre enfant, Pline le Jeune. Le 24 août 79, le Vésuve entre en éruption et Pline se fait conduire à Stabies au bord de la baie de Naples, à la fois pour observer de près le cataclysme et pour organiser les secours aux habitants des villes voisines qui fuient le danger. Il meurt asphyxié par les vapeurs de soufre, on peut-être victime d’une crise d’apoplexie, dans les bras de deux esclaves à la fin d’une nuit sinistre et au milieu de la panique générale. L'Histoire naturelle de Pline a joui jusqu’au XVIIe siècle d’une extraordinaire faveur, elle a servi de source à nombre d’ouvrages d’apparence scientifique. Elle n’est cependant elle-même bien souvent qu’une compilation où les observations personnelles tiennent peu de place par rapport aux emprunts faits à tous les écrivains scientifiques grecs. Il y a loin des grandes synthèses helléniques et en particulier de l’œuvre d’Aristote, dont avec persévérance Pline s’inspire largement, à l'Histoire naturelle. Pline n’est ni un créateur, ni un penseur, ni un savant. Il lui reste d’avoir fait passer dans l’héritage latin les résultats atteints par ses devanciers, et d’avoir donné une œuvre unique dans la littérature latine. Il a de plus été un modèle pour plusieurs générations de Romains par sa vie toute consacrée au labeur, à la curiosité, à l’observation, malgré les nombreuses et lourdes charges qu’il a occupées. ♦ « Pline a donné à l’histoire naturelle une étendue proportionnelle à son importance, mais il l’a traitée d’une manière pitoyable. » Bacon. ♦ « Pline n’a point été un observateur tel qu’Aristote, encore moins un homme de génie, capable, comme ce grand philosophe, de saisir les lois et les rapports d ’après lesquels la nature a coordonné ses productions... C’est un auteur sans critique qui, après avoir passé beaucoup de temps à faire ses extraits, les a rangés sous certains chapitres en y joignant des réflexions qui ne se rapportent point à la science proprement dite. » Cuvier. ♦ « Pline a voulu tout embrasser, et il semble avoir mesuré la nature et l’avoir trouvée trop petite encore pour l’étendue de son esprit... et ce qu’il y a d’étonnant, c’est que dans chaque partie [de son Histoire naturelle], Pline est également grand... Non seulement il savait tout ce qu’on pouvait savoir de son temps, mais il avait cette facilité de penser en grand qui multiplie la science; il avait cette finesse de réflexion de laquelle dépendent l’élégance et le goût et il communique à ses lecteurs une certaine liberté d’esprit, une hardiesse de pensée qui est le germe de la philosophie. » Buffon.




PLINE L'ANCIEN (Côme, 23-Stabies, 79 ap. J.-C.). Naturaliste et écrivain latin. Il nous reste de lui une Histoire naturelle en 37 livres, vaste encyclopédie de toutes les connaissances de son temps. Amiral de la flotte de Misène lorsque se produisit l'éruption du Vésuve (qui détruisit Pompéi et Herculanum en 79 ap. J.-C.), Pline l'Ancien voulut porter secours mais aussi observer le phénomène de plus près et mourut asphyxié.

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